5 novembre 1864

« 5 novembre 1864 » [source : BnF, Mss, NAF 16385, f. 226], transcr. Anne Kieffer, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6046, page consultée le 25 janvier 2026.

Bonjour, mon cher petit [homme ?], bonjour, que Dieu te bénisse comme je te bénis et je suis heureuse. Je ne sais pas depuis combien de temps ton signal est à son poste parce que j’ai fait la paresseuse et que je viens seulement à présent d’aller le saluer dans un bon baiser confié au vent. J’espère que tu as bien dormi et que tu te portes bien, ce qui [illis.] du cœur [illis.] partout. Mes yeux vont moins mal ce matin et quant à ma colique, je crois qu’elle commence à s’épuiser. Telle est le bulletin CACOGRAPHIQUE de Madame Triet1 ce matin, et toujours du beau temps ce qui ne gâte rien au programme général. Bon voilà Suzarde qui me relance au milieu de mon papotage intime et descriptif pour [me demander ?] mes ordres pour le marché, chose toujours très embarrassante pour moi et pour elle. Enfin, la voilà partie ! que les potatoes, les navets, les canards et les gigots, les lapins et les soles lui soient légers et à ma bourse aussi. En attendant je regarde les effets de soleil sur la mer en songeant que tu les regardesa peut-être en même temps en pensant à moi dans le même moment. Cher, cher adoré, je te souris, ce qui est encore une manière de te baiser. Nous pourrons inaugurer la lampe ce soir pour la lecture et pour la restauration du Nain Jaune. Cette lumière suffira peut-être à elle seule pour éclairer le salon agréablement. C’est ce que nous pourrons vérifier ce soir séance tenante. La lampe est tout à fait outillée maintenant. Il n’y a plus qu’à s’en servir. Grâce à toi, mon doux adoré, rien ne manque à ce SÉJOUR enchanteur surtout quand tu l’habites.


Notes

1 Déformation ludique de « Drouet ».

Notes manuscriptologiques

a « que tu les regarde ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle emménage dans Hauteville II, que Hugo achète pour elle, et dont il soigne la décoration.

  • 14 avrilWilliam Shakespeare.
  • 16 avrilAchat du 20, Hauteville pour Juliette, qui y emménagera deux mois plus tard. La famille Hugo y avait résidé avant d’emménager à Hauteville-House. Juliette en avait signé le bail de location le 19 mai 1863.
  • 5 maiPar testament, Juliette Drouet institue Victor Hugo son légataire universel, et à défaut, les enfants de ce dernier. Elle nomme Victor Hugo son exécuteur testamentaire, et à défaut, Charles, puis François-Victor.
  • 15 juinPremière nuit de Juliette Drouet au 20, Hauteville.
  • 25 juilletElle pend la crémaillère dans sa nouvelle maison.
  • 15 août-26 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.