« 7 mai 1860 » [source : BnF, Mss, NAF 16381, f. 105], transcr. Amandine Chambard, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10589, page consultée le 23 janvier 2026.
Guernesey, 7 mai 1860, lundi matin, 9 h.
Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour le plus doux et le plus tendre que j’aie dans le cœur, bonjour. Je te souris en attendant que je puisse t’embrasser de toutes mes forces. Jusqu’à présent rien ne remue encore chez toi si ce n’est ton gilet rouge que le vent agite à ton balcon comme le futur étendard de la République, moins manchot que celui de Mahomet. Du reste il fait un temps maussade et froid à donner la chair de poule aux lézards et l’onglée aux vieilles podagres comme moi. À ce sujet je te ferai essuyer ton bas, sinon aujourd’hui, demain matin pour que tu voies si la pince peut rester ainsi et que je la fixe avec ou sans modification. Je n’ai plus que quelques points à y faire qui seront finis tantôt. Jusque-là je te baise EX ABRUPTO. Attrapé !
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo se replonge dans son manuscrit des Misérables. Juliette attend impatiemment qu’il lui donne à copier.
- 12 juinElle part à Jersey, où Hugo la rejoint le surlendemain, pour un meeting de soutien à Garibaldi.
- 19 juinRetour à Guernesey.
- 30 décembreHugo se remet aux Misérables.
