« 8 mai 1860 » [source : BnF, Mss, NAF 16381, f. 106], transcr. Amandine Chambard, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10590, page consultée le 25 janvier 2026.
Guernesey, 8 mai 1860, lundi soir, 7 h. ¾
Ce n’est pas un bonjour que mon cœur t’envoie, mon cher bien-aimé, mais presque un bonsoir. J’étais si souffreteuse ce matin et tellement en moiteur que je n’ai pu te gribouiller mes tendresses à l’heure habituelle. Tout le reste de la journée s’est passé en ménage, en blanchisseuse et en tracasseries de toutes sortes, ce qui fait que je t’écris à la dernière heure du jour ; mais comme ma pensée et mon âme avancent toujours sur mes pattes de mouche, il s’ensuit que mon amour n’est jamais en retard, AU CONTRAIRE. Cher adoré, je n’aurais pas mieux demandé que de sortir avec toi tantôt mais le mauvais temps et le froid m’en ont empêchée. S’il fait meilleur demain je te demanderai à cor et à cris pour toi et pour moi une bonne petite promenade sur la colline. D’ici là je t’aime de toutes mes forces.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo se replonge dans son manuscrit des Misérables. Juliette attend impatiemment qu’il lui donne à copier.
- 12 juinElle part à Jersey, où Hugo la rejoint le surlendemain, pour un meeting de soutien à Garibaldi.
- 19 juinRetour à Guernesey.
- 30 décembreHugo se remet aux Misérables.
