« 15 juillet 1864 » [source : BnF Mss, NAF 16385, f. 189], transcr. Anne Kieffer, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3690, page consultée le 05 mai 2026.
Guernesey, 15 juillet [18]64, vendredi [soir ?], 10 h.
Bonjour, mon cher bien-aimé, bonjour, je t’aime, et toi ? J’ai eu beau regarder la balustrade de ton balcon, je n’y ai rien vu1. Peut-être n’auras-tu pas voulu commencer ce doux signal un vendredi. Quant à moi je n’ai pas peur de t’aimer tous les jours et à toutes les dates pour me porter bonheur. J’espère que tu as passé une bonne nuit sans lacunes et sans mauvaise [illis.]. Quant à moi j’ai [illis.] d’interrompre un bon sommeil pour prendre la drogue de Corbin dont j’ai encore le cœur tout affadi et l’estomac à l’envers. Je ne sais pas si c’est son intention que je prenne d’affilée les cinq doses [illis.] mais mon instinct de conservation y répugne profondément. C’est donc aujourd’hui que nous [illis.] cette fameuse promenade dédiée à Suzanne ! [illis.] ne sera [illis.] voilà une, de Suzanne enguignonnée. Du reste il a fait un temps à [illis.] tout vif. J’ai envoyé savoir des nouvelles de Mme Marquand. La nuit a été meilleure qu’on ne s’y attendait d’après ce qu’en avait dit son mari hier soir à Suzanne. Il était venu pour nous voir mais il n’a pas voulu s’attarder à venir nous rejoindre sur la pitié. C’est demain que commence [illis.] de [lait ?] ; espérons que la pauvre femme la supporte aussi bien que sa couche. Tu m’avais promis de me faire faire ton café et jusqu’à présent tu ne me mets pas à l’œuvre. Ce serait pourtant mon plaisir et mon bonheur que de faire quelque chose pour toi, si peu que ce soit, est ce que c’est vraiment impossible ? J’espère que non, il suffit que tu veuille bien t’y prêter. Je t’aime.
1 Victor Hugo a décidé d’arborer à son balcon un chiffon blanc indiquant qu’il est levé. (Victor Hugo, Lettres à Juliette Drouet, Correspondance 1833-1883, éditée par Jean Gaudon et Evelyn Blewer, Fayard, 2001, p. 239. Désormais abrégé V.H. à J.D.). Il écrit dans son journal à cette date : « il y a un mois qu’elle a quitté la chère petite maison Allez. J’ai commencé aujourd’hui l’habitude de mettre en me levant un signal blanc au [-] de mon balcon qu’elle voit de sa nouvelle maison ». (CFL, Tome XII/2, p. 1465).
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle emménage dans Hauteville II, que Hugo achète pour elle, et dont il soigne la décoration.
- 14 avrilWilliam Shakespeare.
- 16 avrilAchat du 20, Hauteville pour Juliette, qui y emménagera deux mois plus tard. La famille Hugo y avait résidé avant d’emménager à Hauteville-House. Juliette en avait signé le bail de location le 19 mai 1863.
- 5 maiPar testament, Juliette Drouet institue Victor Hugo son légataire universel, et à défaut, les enfants de ce dernier. Elle nomme Victor Hugo son exécuteur testamentaire, et à défaut, Charles, puis François-Victor.
- 15 juinPremière nuit de Juliette Drouet au 20, Hauteville.
- 25 juilletElle pend la crémaillère dans sa nouvelle maison.
- 15 août-26 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
