« 17 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 42-43], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10081, page consultée le 25 janvier 2026.
17 octobre [1836], lundi soir, 7 h.
Mon bon petit homme, bien aimé, j’ai bien de l’amour pour vous dans le cœur. Je
voudrais bien que vous puissiez passer la nuit avec moi, ça serait très gentil d’abord
et très hygiénique par dessus le marché. Il me semble que je suis mieux, je crois
que
j’ai très bien fait d’employer la DOUCHE ASCENDANTE1, et puis vous
m’avez fait tant de joie, tant de bien au cœur avec vos façons
d’amoureux que vous aviez oublié depuis bien longtemps, qu’en vérité il me
semble que je suis toute JEUNETTE et toute gaillarde.
Je vous attendrais bien pour dîner, mais votre heure est si vague, que je n’ose pas
me
fier à mon estomac. Je vais donc dîner tout à l’heure.
Quitte après à vous servir à genoux votre nourriture.
Qu’est-ce que vous voulez
que je fasse de ce tas monstrueux de papier barbouillé que j’ai là ? J’ai bien envie
de le vendre à un chiffonnier.
J
1 Lavement employé contre la constipation.
« 17 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 44-45], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10081, page consultée le 25 janvier 2026.
17 octobre [1836], lundi soir, 7 h. ¼
[C’est ?] encore moi, avec mon amour. Je serais peut-être plus discrète
si vous étiez forcé de lire tout ce que je gribouille à ce sujet, mais comme vous
en
prenez à votre aise, je me donne à loisir le plaisir de griffonner, de barbouiller,
de
bredouiller et de baragouiner de l’amour. Je sais bien qu’un jour, pour vous épargner
la fausse honte de me dire que le sentiment épistolique vous
embête, je ferai un très beau feu de joie avec les millions de rames de papier dont
je
suis dépositaire, avec lequel feu je réchaufferai vos petits pieds, vos belles mains
et qui sait même peut-être votre cœur.
C’est alors que je serai convaincue que je n’ai pas perdu mon temps à vous
redire tout ce que j’ai dans le cœur et dans l’esprit de tendre et de doux pour votre
chère petite personne adorée, en attendant je vous aime.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
