« 22 janvier 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 83-84], transcr. Erika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11341, page consultée le 25 janvier 2026.
22 janvier [1837], dimanche, midi ½
Bonjour, mon cher petit homme bien aimé, bonjour. Aime-moi. Je t’aime tant moi, qu’il
est bien juste que tu m’aimes un peu.
Je suis toujours très souffrante des reins.
Il faudra que vous recommenciez votre corvée d’hier, je vous
en demande bien pardon d’avance. Il me semble que je vous ai rencontré cette nuit
au
bal de l’opéra. Je n’ai pas voulu vous déranger de
l’espèce de bonne fortune que vous aviez avec un domino jaune et
vert. Quanta à moi je m’étonne
que vous ne m’ayez pas reconnue sous mon domino florentin
garni de haute dentelle. Je vous avais cependant prévenu que j’aurais un bouquet de
camélias rouge et blanc. Une autre fois vous serez moins
distrait je l’espère.
Jouroto, je sais qui est-ce qui vous aime de toute
son âme, c’est moi. Je sais qui est-ce qui vous adore de tout son cœur, c’est moi.
Je
sais qui est-ce qui donnerait sa vie mille fois pour vous, c’est votre vieille Juju qui dans ce moment-ci vous appelle, vous désire
et vous attends.
Jour to, jour, petit o. Je vous baise bien des fois.
Juliette
a « quand ».
« 22 janvier 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 85-86], transcr. Erika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11341, page consultée le 25 janvier 2026.
22 janvier [1837], dimanche 3h ½ du soir
Mon petit Toto chéri, viens je t’aime. Mon petit Toto adoré, viens je t’adore. J’ai
besoin de vous caresser, de vous baiser et de vous lécher à tous les coins. Il fait
un
temps de chien, mais je sais que les amoureux et les poètess’en soucient comme de
ça,
or vous êtes l’un ou l’autre de ces animaux et je vous attends.
Jour, mon petit
Toto chéri mais venez donc.
J’ai envoyé chez Mme Pierceau ce matin, elle ne
m’avait pas encore écrit parce que Mme Krafft n’avait pas encore déménagé la cave maintenant tout est fini et elle m’attend à son tour,
mais je vous aime, moi, et la journée me semble bien longue quand je ne vous vois
pas.
Si vous aviez pitié de moi vous viendriez, ne fût-ce qu’en tout petit moment. Le temps
de me laisser voir vos beaux yeux et de baiser votre charmant petit bec.
Qu’est-ce que vous faites, vieux Toto ? je suis sûre que vous vous laissez admirer
par
Mme M. M., que vous en contez à Mme Floran de triste-à-patte1.
Si je
vous n’y prends prenez garde à vous, je suis extrêmement féroce et pas du tout joviale
ainsi prenez garde à vous.
1 Triste-à-pattes : surnom des policiers parisiens, et par extension, personne à triste figure.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
