« 13 mars 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 183-184], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.731, page consultée le 24 janvier 2026.
13 mars [1836], dimanche matin, 8 h.
Bonjour, mon cher adoré. Je vais un peu mieux, je crois que l’époque une fois venue, je serai tout à fait guérie, ainsi il n’y a plus que
patience à prendre d’ici-là. Et toi, mon pauvre petit homme, comment vas-tu ? N’es-tu
pas bien las et bien ennuyé de la maison et de la pauvre femme qui est dedans ? Je
le
crains en me regardant vivre depuis un mois, et en songeant à tout l’embarras et à
tout l’argent que va te coûter ce déplacement. Mon cher bien-aimé, enseigne-moi un
moyen d’alléger ton fardeau. Dis-moi ce qu’il faut que je fasse pour t’aider et pour
te plaire, tu verras avec quelle ardeur et avec quelle joie je saisirai l’exécution
de
te remplacer dans les soins et dans le dévouement que tu as pour moi depuis le premier
jour où je t’ai connu.
Quel dommage que ce hideux couple1 soit à la Porte St Martin, comme nous aurions été à l’aise avec
une autre direction, toi, pour me protéger, moi, pour profiter de ta protection.
Espérons encore que nous ne tarderons pas à avoir satisfaction pleine et entière de
ce
misérable qui nous a tant fait de mal. Ce serait un digne pendant À NOTRE PLAFOND.
En attendant, je continue de t’aimer de toute mon âme et avec encore plus
d’admiration, tu es un ange.
J.
1 François Harel, directeur du théâtre, et Mlle George, sa vedette.
« 13 mars 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 185-186], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.731, page consultée le 24 janvier 2026.
13 mars [1836], dimanche soir, 9 h. ¾
Mon cher petit bijou d’homme, depuis que vous m’avez quittée, je me suis occupée à
ranger tant bien que mal le mobilier de la CÉLÈBRE chambre. Mais je reconnais mon
ignorance et je vous attends pour compléter la féerie de la décoration. Vous savez
que
tout cela peut m’empêcher de dormir mais pas de vous aimer, au contraire. Plus je
suis
bien et plus je vous aime ; et, plus je suis mal et plus et plus je vous adore, mais
plus je suis juste-milieu et plus je suis à vos pieds. Voilà mon opinion du tiers-parti. Quand vous viendrez ce soir, vous me critiquerez
tout à votre aise, mais vous n’empêcherez pas que je n’aie beaucoup travaillé
aujourd’hui et surtout ce soir.
Mon bien-aimé, mon Victor, mon amour, que je
t’aime, que tu es beau, que tu es tout ce qu’on peut imaginer de plus noble et de
plus
ravissant. Je ne trouve rien qui puisse vous être comparé, pas même la CHAMBRE.
Je t’aime, je te dis, et puis je continue à avoir des démangeaisons.
J.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
