Non datée

« Non datée » [source : BNF, Mss, NAF 16322, f. 165-166], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5804, page consultée le 05 mai 2026.

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Mon pauvre bien-aimé, je ne sais pas de quel camp est l’artiste qui t’a fait ton portrait2, s’il paie patente et s’il a employé des couleurs superfines pour le confectionner. Ce que je sais, c’est qu’il n’est pas le moins du monde ressemblant, ce dont je suis très triste car, après toic’est lui que j’aurais le plus aimé – Mais aussi, j’étais folle de croire qu’on pouvait te faire ressemblant. Ce n’est pas dans ce monde-ci qu’on trouvera le pinceau et les couleurs qui conviennent pour reproduire l’original qui est lui-même un chef-d’œuvre. Enfin, tel qu’il est, je le garde et bien hardi sera celui qui viendrait le reprendre. D’ailleurs, il y a un fond à ce portrait qui n’est pas sans intérêt pour moi, il me rappelle notre journée d’hier.
Victor Hugo et Juliette à Notre Dame.

17 juillet 1834 –

Merci tout de même, mon cher bien-aimé. Bonsoir, à demain. Dors bien, ne souffre pas.

Juliette

La petite maison est charmante tout compris3.

[Adresse]
16e
Pr mon cher ORIGINAL


Notes

1 L’indication de Juliette « Il me rappelle notre journée d’hier » assortie de la date « 17 juillet 1834 » nous invite à dater cette lettre du vendredi 18 juillet 1834.

2 « Victor Hugo sur fond de Notre-Dame de Reims » (Maison de Victor Hugo, inv. 253), par Jean Alaux (1786-1864). Cette miniature exécutée au cours du voyage que Hugo fit à Reims en mai 1825 pour le sacre de Charles X, fut offerte par le peintre à Mme Victor Hugo avant de passer entre les mains de Juliette Drouet. Le poète inscrit alors au dos du portrait : Ces yeux dont tu es la lumière, ces oreilles… tout cela fait une tête qui se ferait couper pour toi. » (Blewer, p. 29)

3 Le 20 juillet 1834, Juliette quitte le 35 bis, rue de l’Échiquier pour s’installer au 4 bis, rue de Paradis (actuelle rue des Francs-Bourgeois).

Notes manuscriptologiques

a Date rajoutée sur le manuscrit d’une main différente de celle de Juliette.

b Date indiquée par Evelyn Blewer.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle est pensionnaire à la Comédie-Française, engagée par faveur, mais n’y est jamais distribuée. Malgré de plaisantes excursions et villégiatures, l’inaction commence à lui peser, et les disputes alternent avec les réconciliations

  • 15 janvierÉtude sur Mirabeau.
  • 19 marsLittérature et philosophie mêlées.
  • 1er avrilElle est engagée à la Comédie-Française, mais n’y jouera jamais.
  • 14 maiPromenade sur la butte Montmartre.
  • 2 juilletHugo lui offre un médaillon le représentant « sur fond de Notre-Dame de Reims ».
  • 3 juilletExcursion à Jouy-en-Josas.
  • 6 juilletClaude Gueux.
  • 17 juilletIls vont à Notre-Dame de Paris.
  • 20 juilletElle déménage du 35 bis, rue de l’Échiquier pour le 4 bis, rue de Paradis.
  • 22-26 juilletVoyage avec Hugo à Saint-Germain, Meulan, Rolleboise, Louviers, Évreux, Pacy-sur-Eure, Poissy.
  • 2 aoûtSuite à une violente dispute, Juliette Drouet fuit en Bretagne avec sa fille Claire chez sa sœur, à Brest.
  • 8 août-1er septembreHugo l’y rejoint pour la ramener à Paris. Voyage à Brest et sur les bords de la Loire.
  • 1er septembreHugo installe Juliette et Claire dans une petite maison dans le hameau des Metz près de Jouy-en-Josas, dans la vallée de la Bièvre.
  • À partir du 3 septembreHugo séjourne chez Bertin aîné aux Roches, près de Biévres, avec sa femme et ses enfants.
  • OctobreJuliette Drouet emménage au 50, rue des Tournelles.