« 4 décembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 205-206], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10176, page consultée le 25 janvier 2026.
4 décembre [1836], dimanche, midi ¼
Bonjour, mon cher petit Toto. Je vous aime, là, je vous suis très fidèle,
entendez-vous ?
Je viens de recevoir une lettre de Mme Guérard qui s’attend à avoir une
loge pour lundi prochain, et cela avec un aplomb et une
indiscrétion rare, qui ne peut cependant pas avoir un grand succès en cette
circonstance.
Mon cher petit homme chéri, je suis toujours affligée quand je te
vois t’inquiéter pour des choses qui n’existent pas. Je t’assure sur la vérité pure
que je ne me souviens d’aucun des chiffres qui sont là, ni dans quel but ils ont été
faits par moi, mais ce que [je] peux t’affirmer, c’est qu’il n’y a
rien de coupable ni de caché au fond de cela. C’est que je t’aime, c’est que je te
suis fidèle par pensée et en action. Ne te tourmente pas mon cher petit Toto. Bonjour.
J’ai passé une assez bonne nuit quoique je me
sois endormie fort tard. Je vais me lever.
Je serai très gentille quand vous
viendrez, vous verrez cela. En attendant je prends la liberté de vous aimer, de
penser, penser à vous et de désirer vos caresses.
À bientôt mon Toto chéri, je
vous aime de toutes mes forces et de toute mon âme. Votre pauvre triste Juju sera
toujours ainsi.
« 4 décembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 207-208], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10176, page consultée le 25 janvier 2026.
4 décembre [1836], dimanche soir, 4 h. ½
Pas encore venu, mon cher bien aimé, cependant je vous aime bien et j’aurais grand
plaisir à vous le dire à vous-même.
J’ai travaillé comme un chien depuis que je
suis levée. Aussi ai-je de beaux rideaux blancs à mes croisées. Il ne me manque plus
que mon SALAIRE. Qui est-ce qui me paiera ?
Je commence à n’avoir plus beaucoup
de confiance en vous d’abord. Vous êtes pour le moment un triste payeur D’ARRÉRAGE.
Pour peu que cela continue, vous serez un vrai banqueroutier. C’est très inquiétant pour l’avenir quand comme moi on a eua l’imprudence de placer tous ses œufs
dans le même panier. À tout hasard j’attendrai Mme Pierceau. Aujourd’hui elle n’est
pas venue, de sorte que je suis toute seule avec la perspective d’une tronche à
tronche avec mon poulet rôti.
10 h. ¼
Je reprends ma lettre, mon cher bien aimé, fort triste de voir quelle importance tu attaches a une chose qui m’est encore inconnue. Je donnerais tout au monde pour pouvoir te rejoindre d’une manière satisfaisante ce soir. Je te le disais bien, hier au soir, que je n’étais pas heureuse. Tout tourne contre moi. Cependant jamais [personne] n’eut une conduite plus simple et plus régulière avec plus d’amour que je n’en ai. C’est triste de penser qu’avec cela, je ne suis pas heureuse, car je ne peux pas l’être quand je te vois inquiet et soupçonneux. Je t’aime mon adoré.
a « on n’a eu ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
