« 9 juin 1862 » [source : BNF, Mss, NAF 16383, f. 148], transcr. Camille Guicheteau, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6861, page consultée le 07 août 2026.
Guernesey, 9 juin 1862, lundi matin, 7 h. ½
Bonjour, mon cher doux adoré, bonjour dans toute l’acception de ces deux syllabes :
BON-JOUR. Moi, je commence ma journée comme je la continuerai et comme je la finirai :
en t’aimant de
toute mon âme.
J’espère que tu as passé une bonne nuit et que toute ta chère santé est en parfaita équilibre comme la mienne. Dans
ce moment-ci, j’assiste à un combat de coq entre Suzanne et la volaille féroce de ma propriétaire. C’est à ne pas s’entendre. Suzanne crie,
braille, piaille, glousse et braie comme un âne et un troupeau d’oiesb en chœur pendant que la vaillante petite bête [illis.] lui tire sa
jupeet cherche à lui piquer ses mollets trop vulnérables par leur absence. C’est très
amusant mais je crains que cela ne finisse pour ce brave héros de basse-cour par une
broche [illis.]
et un feu peu grégeois. Déjà maître Allez l’a menacé de cette fin tragique et je [crains qu’il ne ?] soit bientôt flambé. En attendant, je t’aimerai à feu, à sang, bec et
ongles, comme une cocotte enragée qui ne veut pas céder une plume de son amour ni
de celui de son beau Pécopin1.
1 Allusion à la légende du beau Pécopin (racontée par Hugo dans Le Rhin).
a « parfaite ».
b « oie ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle se délecte du succès public des Misérables.
- 10 marsPremier dîner des enfants pauvres.
- 3 avrilParution de la première partie des Misérables.
- 28 juillet-26 septembreVoyage au Luxembourg et sur les bords du Rhin
