« 19 octobre 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 227], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette et de Jean-Marc Hovasse, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d15745e933, page consultée le 07 août 2026.
Paris, 19 oct[obre][18]74, lundi midi
Je me donne la joie de commencer ma bonne petite restitus en t’attendant. Justement te voilà !
5 h.
Tu as bien fait de sortir malgré le mauvais temps puisque cela est nécessaire à ta santé et à ton travail et je te remercie d’avoir eu la précaution de prendre l’intérieur de l’omnibus au lieu de la banquette extérieure. Les vitres étaient presque toutes fermées, ce qui fait que je n’ai pas pu t’envoyer mon petit signe de tendresse comme d’habitude ni recevoir le tien, ce qui m’attriste un peu. Je dis un peu pour tâcher de donner le change à ma superstition, laquelle s’inquiète pour beaucoup moins que ça. Enfin, j’espère que rien de fâcheux pour toi et pour moi ne t’arrivera dans ta promenade de ce soir ; et pour mieux conjurer les mauvaises rencontres et le mauvais sort, je charge mon âme de veiller sur toi et de ne pas te quitter, même l’espace d’un battement de cœur. Cette précaution prise, je t’attends avec confiance en m’occupant d’achever de mettre ma cuisinière au fait de la maison. Jusqu’à présent je crois qu’elle fera notre affaire. Puisséa-je ne pas me tromper. S’il n’avait pas fait si mauvais temps et si Mariette n’était pas elle-même un peu souffrante, je l’aurais envoyée ce soir savoir des nouvelles de la pauvre Mme Meurice, car, malheureusement, je n’ose pas me fier au petit mieux qu’elle ressentait tantôt1. Demain matin, toutes choses cessantes, j’enverrai prendre des nouvelles de sa nuit ; Dieu veuille qu’elles ne soient pas aussi tristes que celles d’hier. Je t’aime, je t’adore, je te bénis.
1 Palmyre Granger, épouse de Paul Meurice, mourra en novembre. Hugo prononcera son éloge funèbre.
a « Puissai ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
