« 22 avril 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 89], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette et Jean-Marc Hovasse, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9916e830, page consultée le 08 août 2026.
Paris, 22 avril [18]74, mercredi matin, 8 h.
« Je te donne à cette heure, penchée sur toi, la chose la meilleure que j’aie en moi1 ». Je te la donne non seulement à présent, mais toujours. Je suis encore sous le COUP et sous le charme de la magnifique surprise que tu m’as faite hier. C’est le cas de dire avec feu je ne sais qui à propos de je ne sais quoi : « Grâce au ciel mon Bonheur passe mon espérance2 ! [»] Ce cadeau merveilleux, même sans être allumé, fera voir trente-six chandelles à ceux qui l’admireronta. Ma crainte est qu’il n’éteigne tout ce qui l’entourera3. Mais ce lustre de luxe est si beau qu’il peut se passer d’accompagnement, « lui dis-je. C’est assez ! » Merci, mon généreux homme, je t’adore. C’est tout ce que j’ai à t’offrir en échange.
1 Vers tirés d’un poème de Victor Hugo (« Puisqu’ici-bas toute âme » (19 mai 1836) paru dans Les Voix intérieures, (1837), v. 21-24). Dans ce poème, l’adjectif « penché » est au masculin.
2 Forme approchante de : « Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance. » (Jean Racine, Andromaque, acte V, scène 5).
3 Le lustre de Venise serait l’une des curiosités du salon de la rue de Clichy.
a « admirerons ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
