« 26 avril 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 93], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9366e923, page consultée le 01 mai 2026.
Paris, 26 avril [18]74, dimanche matin, 9 h. ½
C’est bête comme choua ce que je fais là1 de t’écrire quand tu vas et viens autour de moi et que je n’ai qu’à lever les yeux pour te voir et qu’à approcher ma bouche de la tienne pour y prendre tes baisers et te donner les miens. Je comprends la RESTITUS à distance et pendant l’absence et la fonction des pattes de mouches courant après l’être aimé et le forçant à se retourner pour regarder l’âme qui le suit, qui lui sourit et qui le bénit tout en le laissant libre. Mais à domicile, œil dans œil, coude à coude, cœur contre cœur, d’âme à âme, ailes dans ailes, je trouve les pattes de mouches sans utilité et peut-être nuisibles, car rien n’est plus gênant qu’une chose qui ne sert pas. Et cependant s’il me fallait renoncer à cette douce habitude, je sentirais un vide dans toute ma journée que rien ne pourrait combler. Aussi malgré ce que j’en ai dit, je la garde cette bonne habitude et j’en profite pour signer : je t’adore.
1 Parodie de la réplique de Don César à un laquais dans Ruy Blas (acte IV, scène III, v. 1704) : « C’est bête comme tout ce que je te dis là ».
a « choux ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.
- 19 févrierQuatrevingt-treize.
- 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
- OctobreMes fils.
