28 mars 1874

« 28 mars 1874 » [source : BnF, Mss, NAF 16395, f. 64], transcr. Véronique Heute, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d9035e878, page consultée le 01 mai 2026.

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Cher bien-aimé, mon Bonjour n’a pas, commea celui de Marton1, plusieurs modulations à la clef qui en varient le sens et les intonations. Le mien n’a qu’une note qui donne toujours le même son : je t’adore ! Aucun professeur du conservatoire n’en saurait modifier la sainte monotonie. C’est et ce sera toujours l’unique et éternelle chanson de mon âme : je t’adore, je t’adore, je t’adore. Hors de là, pas de salut pour mon bonheur.

J’ai eu, comme toi, une longue insomnie cette nuit, mais je n’en aib pas comme toi tiré quelque profit pour le bien de l’humanité et pour ma gloire. La seule chose qui m’en reste, c’est une grande fatigue tout bêtement. Je crois que cela tient au petit changement survenu cette nuit, un quasi orage, il n’en faut pas davantage pour m’empêcher de dormir. Après cela, je ne m’en plains pas puisque cela m’a permis de penser plus longtemps à toi.


Notes

1 À élucider. Marton est un personnage de servante dans La Coquette et la fausse Prude, 1686, comédie en cinq actes et en prose de Baron, et la servante d’Araminte dans Les Fausses confidences de Marivaux (1737).

Notes manuscriptologiques

a « com- ».

b « n’ai ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.