21 mai 1874

« 21 mai 1874 » [source : Syracuse, SUL, M67-509:3], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d483e116, page consultée le 05 mai 2026.

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J’arrive au bout de la journée, mon cher adoré, sans avoir pu te remercier de ta bonne petite lettre1 que je lis et relis à travers les tracasseries de ménage2 qui surgissent à chaque instant. C’est à elle que j’adresse toutes mes tendresses et tous mes baisers, tous mes sourires et toutes mes bénédictions en attendant que je puisse les répandre sur ton front, sur ta bouche, dans tes yeux et plein ton âme. Je t’aime, mon adoré bien-aimé, je voudrais te le dire autrement que tout le monde, et je ne peux pas, les mots me manquent. J’attendrai pour me faire mieux comprendre de toi que je parle la langue des anges, ce qui ne peut plus tarder longtemps. Je voulais laisser ignorer ma fête à Madame Charles, mais petite Jeanne s’est croisée ainsi que sa bonne Angélique avec les bouquets de MM. Meurice, Vacquerie et Lefèvre, ce qui les a misesa sur la voie tout de suite. Je pense que Madame Charles comprendra la discrétion de mon procédé ; quant à Petite Jeanne, elle veut être de la fête ce soir, ce qui est son droit et sera notre joie. Joie d’autant plus grande que ton cher Petit Georges va très bien ce soir et qu’il sera hors de cause d’ici à deux ou trois jours a dit M. Sée3. Cette nouvelle me rend si heureuse que je sens mieux encore combien je t’adore.


Notes

1 Chaque année, entre le 19 et le 22 mai, Victor Hugo envoie une lettre à Juliette Drouet à l’occasion de sa fête, la sainte Julie.

2 Le 29 avril, Victor Hugo a emménagé 21, rue de Clichy sur deux étages, et Juliette Drouet en est fort triste : « Cet étage qui nous sépare est comme un pont rompu entre nos deux cœurs. » (Lettre de Juliette Drouet à Victor Hugo, 7 mai 1874, BnF, NAF 16395.)

3 Carnet de Victor Hugo : « 24 mai : Vers dix heures, l’état de Petit Georges a empiré. Le rhumatisme s’est porté au cœur. On a posé un vésicatoire. Le docteur Sée, inquiet, a dit : Il y a encore de l’espoir. Angoisse profonde. Vers onze heures, la douleur a cessé. L’enfant a souri. Nous espérons. » « 25 mai : Nous avons promené Jeanne au Jardin des Plantes. En rentrant nous avons trouvé les docteurs Sée, Allix et Naquet en consultation. Georges va toujours mieux. Son lit est couvert de jouets. »

Notes manuscriptologiques

a « mise ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.