8 juillet 1874

« 8 juillet 1874 » [source : Lieu de conservation non identifié], in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.d10476e300, page consultée le 07 août 2026.

XML

Cher bien-aimé, je viens de lire et de copier tes admirables vers À une immortelle1 et j’en suis éblouie et émue jusqu’au fond de l’âme, ce qui ne m’empêche pas d’y sentir comme une pointe aiguë qui me perce le cœur de part en part. Sois sûr, mon grand bien-aimé, qu’il n’y a pas de petites infidélités, pas plus au ciel que sur la terre, et que la pauvre étoile, amoureuse du soleil, souffre autant d’un rayon qui, en passant, sur une fleur se pose, que la pauvre âme d’ici-bas souffre du regard de l’homme qu’elle adore, arrêté sur une autre femme, fût-ce même une passante de la rue. Il n’y a pas de cuirasse, fût-elle en diamant, pour protéger le cœur contre la jalousie, et pas de distance assez grande, fût-elle du ciel à la terre, pour en préserver l’étoile. L’amour, étant d’essence divine, n’admet aucun alliage terrestre ni céleste ; tout ce qui n’est pas lui est un blasphème, une malédiction et un souffle de l’enfer. Je demande à Dieu d’avoir pitié de l’étoile là-haut et de moi ici-bas. Je t’aime.


Notes

1 Ce poème daté du 7 juillet 1874 a été composé sur les Champs-Élysées (Toute la Lyre, VI, 51).

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils emménagent rue de Clichy. Elle ignore que la liaison avec Blanche, qui n’est plus à leur service, continue.

  • 19 févrierQuatrevingt-treize.
  • 29 avrilIls emménagent 21 rue de Clichy.
  • OctobreMes fils.