« 8 mai 1862 » [source : BNF, Mss, NAF 16383, f. 117], transcr. Camille Guicheteau, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6831, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 8 mai 1862, jeudi matin, 7 h.
Bonjour, mon cher petit homme, bonjour sur ton cher petit dos nu que je vois en ce
moment à travers ta vitre. Bonjour et bonheur si tu te portes bien, si tu as bien
dormi et si tu m’aimes un peu. Quant à moi, t’aimer, c’est mon élément, mon atmosphère
et mon air respirable. Je ne saurais pas vivre, je ne voudrais pas vivre et je ne
pourrais pas vivre sans mon amour. Ceci au propre et non au figuré car je t’aime
encore plus que je ne vis. J’espère que tu es content de ta nuit et de ta santé, mon
cher bien-aimé. Cela est d’autant plus nécessaire que j’ai très bien dormi et que
je
me porte à ravir ce matin, ce qui, d’après nos conventions, doit aller de pair entre
nous. Aussi je compte bien que je n’aurai aucun reproche à te faire à ce sujet quand
je te verrai tantôt.
En attendant, je t’embrasse des yeux, de l’âme et du cœur et
je t’adore de partout.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle se délecte du succès public des Misérables.
- 10 marsPremier dîner des enfants pauvres.
- 3 avrilParution de la première partie des Misérables.
- 28 juillet-26 septembreVoyage au Luxembourg et sur les bords du Rhin
