« 26 mars 1882 » [source : BnF, Mss, NAF 16403, f. 38], transcr. Yves Debroise, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6306, page consultée le 24 janvier 2026.
Paris, 26 mars 1882, dimanche matin, 9 h.
Cher bien-aimé, on dirait que le diable se met de la partie pour me tourmenter à
propos de ta nuit prochaine. J’ai presqu’envie de t’accompagner jusqu’au Grand Hôtel
ce soir et de t’y attendre en voiture quand tu en sortiras1. Il me semble que cela me tranquillisera ;
j’emporterais mon vieux manteau pour te couvrir, ce serait toujours autant de gagné
sur le froid qu’il fera cette nuit. Enfin, mon grand petit homme, je serais un peu
moins séparée de toi, ce qui est bien quelque chose. Tu verras à décider cette
question toute de sollicitude et de tendresse pour toi. J’espère que tu dors encore
d’un bon sommeil et j’en suis bien contente, toujours à cause de la nuit prochaine
qui
sera forcément fatigantea.
Je t’adore !
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Ce soir du dimanche 26 mars, Victor Hugo doit présider le banquet organisé à minuit au Grand Hôtel pour fêter la centième représentation de Quatrevingt-Treize.
a « fatiguante ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
de plus en plus affaiblie par la maladie, elle fait face, mais finit par arrêter son journal épistolaire.
- 8 janvierHugo réélu sénateur.
- 26 maiTorquemada.
- 2 aoûtJuliette refait son testament.
- 6-28 septembreSéjour à Veules-les-Roses, chez Paul Meurice, puis à Villequier, chez les Lefèvre-Vacquerie.
- 25 novembreElle assiste à la reprise (2e représentation) du Roi s‘amuse.
