« 25 décembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 358], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5987, page consultée le 26 janvier 2026.
Guernesey, 25 décembre 1858, samedi, 9 h. du matin
Bonjour, mon bien-aimé, bonjour mon grand adoré, bonjour. Je cherche, mon cher petit homme, ce que je peux ajouter après ce BONJOUR qui contient tout mon cœur et toute mon âme et je ne trouve rien qui vaille la peine d’être écrit, ni dit, ni même chanté. J’ai beau stimuler ma stupidité du bout de ma plume, elle reste dans son trou et n’en veut pas sortir, même pour te montrer le bout de ses cornes. Il fait un temps peu propice aux RENCONTRES et je crois que tu seras forcé pour voir ta my dear de lui donner rendez-vous autre part que sous la gouttière. Ceci n’est pas une épigramme barbelée que je te décoche mais un conseil hygiénique à votre adresse respective à toi et à elle. Quant à moi, je profite du privilège de la saison et de mon grand âge pour rester au coin de mon feu à rabâcher mon éternel amour. Cela n’est pas fringuant et encore moins romanesque, mais c’est plus ACTUEL et plus sain, sans T, santé sans thé et je m’en contente. Quand te verrai-je mon bien-aimé ? Et quand saurai-je comment tu as passé la nuit ? Je t’attends et je t’aime.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
