Non datée

« Non datée » [source : BnF, Mss, NAF 16322, f. 231-232], transcr. Jeanne Stranart, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5837, page consultée le 25 janvier 2026.

Cher bien-aimé, ne te fâche pas si je vais à ta répétition1. La chose qui pouvait me décider le plus, c’était de ne pas t’avoir vu ce matin. La seconde, tu la connais, moitié sérieuse et moitié absurde, elle ne m’en tourmente pas moins. Je vais faire tout mon possible pour me raisonner afin de rester à la maison. Si je n’y parviens pas, tu ne m’en voudras pas, n’est-ce pas ? Car alors j’aurai cédéa au désir de te voir.
Je laisse cette page blanche pour t’écrire l’heure, la minute, et l’impression sous laquelle je serai partie. Celle sous laquelle je t’écris à l’heure qu’il est, est l’amour le plus pur, le plus vif.

Juliette

2 h. moins ¼. Je viens d’envoyer chercher un fiacre, Dieu veuille que tu sois au théâtre, que tu y sois comme je le désire, c’est-à-dire seul, occupé seulement de ta pièce et de moi. J’espère que tu m’accueilleras avec un bon sourire. Je l’aurai bien mérité.
2 h. moins 10 minutes. Je descends.


Notes

1 À notre connaissance, aucune pièce de Victor Hugo n’est représentée en 1834. Il est donc fort possible que cette lettre date de 1833 ou 1835. Deux possibilités : 1) Soit cette lettre date de fin 1833 alors que Juliette a rendu son rôle de Jane dans Marie Tudor. Elle se rendrait alors aux répétitions ayant lieu après la première, soit après le 7 novembre 1833. 2) Soit cette lettre date du printemps 1835, lors des répétitions d’Angelo, tyran de Padoue, entre fin février (Hugo achève Angelo le 19 février 1835) et fin avril 1835, la première ayant lieu le 28 avril 1835 au Théâtre-Français.

Notes manuscriptologiques

a « cédée ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle est pensionnaire à la Comédie-Française, engagée par faveur, mais n’y est jamais distribuée. Malgré de plaisantes excursions et villégiatures, l’inaction commence à lui peser, et les disputes alternent avec les réconciliations

  • 15 janvierÉtude sur Mirabeau.
  • 19 marsLittérature et philosophie mêlées.
  • 1er avrilElle est engagée à la Comédie-Française, mais n’y jouera jamais.
  • 14 maiPromenade sur la butte Montmartre.
  • 2 juilletHugo lui offre un médaillon le représentant « sur fond de Notre-Dame de Reims ».
  • 3 juilletExcursion à Jouy-en-Josas.
  • 6 juilletClaude Gueux.
  • 17 juilletIls vont à Notre-Dame de Paris.
  • 20 juilletElle déménage du 35 bis, rue de l’Échiquier pour le 4 bis, rue de Paradis.
  • 22-26 juilletVoyage avec Hugo à Saint-Germain, Meulan, Rolleboise, Louviers, Évreux, Pacy-sur-Eure, Poissy.
  • 2 aoûtSuite à une violente dispute, Juliette Drouet fuit en Bretagne avec sa fille Claire chez sa sœur, à Brest.
  • 8 août-1er septembreHugo l’y rejoint pour la ramener à Paris. Voyage à Brest et sur les bords de la Loire.
  • 1er septembreHugo installe Juliette et Claire dans une petite maison dans le hameau des Metz près de Jouy-en-Josas, dans la vallée de la Bièvre.
  • À partir du 3 septembreHugo séjourne chez Bertin aîné aux Roches, près de Biévres, avec sa femme et ses enfants.
  • OctobreJuliette Drouet emménage au 50, rue des Tournelles.