« 24 septembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 271], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5663, page consultée le 25 janvier 2026.
Guernesey, 24 septembre 1858, vendredi matin, 8 h.
Bonjour, mon doux bien-aimé, mon ineffable grand petit homme, bonjour, je t’aime, je t’admire et je te bénis. Je ferai tout ce que tu voudras, comme tu voudras et quand tu voudras. L’important pour moi n’est pas plus ou moins ou pas du tout de plaisir, de distraction et d’amusements, c’est que ta santé se rétablisse, c’est que tu sois heureux, c’est que tu m’aimes. Le RESTE, et tout ce qui en dépend, viendra s’il peut et s’il veut. Ainsi, ne te préoccupe plus de moi en ce qui me concerne personnellement et débarrasse-toi dans mon mercredi de l’obligation pique-nique et compagnie le plus tôt possible. Je ne sais pas si le tien, pique-nique, tiendra aujourd’hui ? à vuea de brume, cela ne me paraît pas bien facile ni bien raisonnable, mais c’est tout ce que je peux faire. Le reste regarde votre groupe et son besoin immodéré de dîner au clair de lune, sous la voûte pluvieuse et peu azurée du ciel de Guernesey, et le zéphyrb de l’équinoxe. Tu sais ce que tu risques et je ne sais pas ce que tu peux y gagner, aussi, je me borne à cette remarque pleine de solitude pour ta santé et je continue de t’aimer à domicile comme si mon amour pouvait te tenir lieu de tout au monde. Pense à moi, mon bien-aimé, et ne fais pas d’imprudence, si c’est possible.
a « vu ».
b « zéphir ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
