25 mai 1858

« 25 mai 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 113], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5204, page consultée le 24 janvier 2026.

Je vous pardonne de courir après les titoteleuses1, mon cher petit homme, puisque vous avez en même temps le bon esprit de guérir votre pauvre petit bras chemin faisant. Je me résigne volontaire à rester toute seule dans mon coin comme un vieux bas de buffet dont on n’a plus besoin, mais je voudrais cependant savoir la chose si drôle de ma personne qui vous donnait le fou rire tantôt devant moi à moins que cela ne vous contrarie trop de me le dire. Je vous demanderai tout à l’heure de me mettre dans la confidence, et même de moitié, dans votre gaité HILARANTE. En attendant, je collabore à la confection de votre pudding à la rhubarbe dans l’espoir de vous faire du bien et de régaler un peu vos jeunes loups de Hauteville-House. Du reste, il n’y avait que bien juste assez de rhubarbe pour remplir ton petit plat tant ce légume se fond en cuisant. De tout quoi, je vous remercie de votre offre de partage avec moi préférant de beaucoup vous voir vous en lécher les barbes que d’en mettre un peu dans ma dent creuse. D’ailleurs, j’aime mieux savoir pourquoi vous vous fichiez de moi si folâtrement tantôt. Tel est mon chica.

Juliette


Notes

1 À élucider.

Notes manuscriptologiques

a « chique ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.