« 16 avril 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 103], transcr. Maggy Lecomte, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.303, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 16 avril [18]73, mercredi matin, 7 h. ¾
Je t’aime, j’ai dormi comme un noir et mon bobo s’apaisea tout doucement. J’espère qu’avec un
peu de bonne volonté de ma part il n’y paraîtra plus tantôt, surtout si de ton côté,
mon ineffable bien-aimé, tu vas bien et si tu m’aimes comme je t’aime à mailles si
serrées que l’âme ne puisse jamais passer à travers. Ton amour, voilà ma panacée.
Avec
lui je ne crains rien et ma vie est soudée à ton corps mieux qu’avec chaux et ciment…
Je répète notre chère prière et je nous confie à Dieu tous les deux.
Ne
t’inquiète pas de moi je me soigne, je m’indulge, je me dorlote tant que j’en suis
bête. Je resterai au lit le plus tard que je pourrai parce que je sens que cela me
fait grand bien. Je t’adore.
a « s’appaise ».
« 16 avril 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 104], transcr. Maggy Lecomte, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.303, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 16 avril [18]73, mardi, 9 h. du m.
Cher adoré, sans le vouloir tu m’encourages dans la maladrerie indéfinie en me comblant d’un doux petit mot chaque fois que je geins plus haut que de coutume. Il faut toute ma conscience et tout le respect que je dois à ton travail sacré pour ne pas en abuser en prolongeant mes stupides bobos. Je garde mes deux petits billets d’hier et d’aujourd’hui comme deux perles d’amour et de bonté divine qui augmentent d’autant mon cher trésor ; mais en même temps je veux faire preuve de délicatesse et de probité en ne provoquant pas tes tendres largesses au-delà de mon mérite de vieille infirme. Dès aujourd’hui je veux aller très bien et je fais sérieusement tout ce qu’il faut pour cela, à preuve que je suis encore dans mon dodo. J’espère que je ne te laisserai rien à désirer de ce côté-là quand nous nous retrouverons tantôt. Je voudrais bien pouvoir en dire autant de tout ce qui intéresse ton pauvre cœur inquiet et attristé du silence de ta chère famille. Quel bonheur pour toi et pour moi si tu en avais de bonnes nouvelles aujourd’hui !
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils rentrent à Paris après la fin de l’écriture de Quatrevingt-treize. Épuisée par les infidélités de Hugo et le soupçon, elle disparaît quelques jours, pendant lesquels il est au désespoir. François-Victor, second fils de Hugo, meurt d’une tuberculose rénale.
- 10 févrierReprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français.
- 1er juilletBlanche quitte Guernesey.
- 12 juilletBlanche revient secrètement.
- 21 juilletBlanche repart pour Paris.
- 31 juilletHugo et Juliette Drouet arrivent à Paris.
Blanche avoue à Hugo l’avoir trompé. Il lui pardonne. - 14 aoûtPaul Meurice est démis de ses fonctions de rédacteur en chef du Peuple Souverain par ses actionnaires. Le journal se sépare du Rappel, dont il était l’émanation.
- 19 septembreAyant découvert une lettre d’amour adressée à Hugo, Juliette fuit à Bruxelles.
- 26 septembreRetour de Juliette Drouet à Paris.
- 4 octobreAprès avoir loué pendant deux mois une petite maison à Auteuil, ils s’installent 55 rue Pigalle.
- 26 décembreMort de François-Victor Hugo, de la tuberculose.
- 28 décembreEnterrement de François-Victor au Père-Lachaise.
