1 mars 1853

« 1 mars 1853 » [source : BnF, Mss, NAF 16373, f. 215-216], transcr. Bénédicte Duthion, rév. Florence Naugrette et Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10523, page consultée le 26 janvier 2026.

Je ne demanderais pas mieux que de me croire très malheureuse aujourd’hui et de profiter de cette conviction pour être horriblement triste. Mais je me résiste courageusement et je force mon âme à vous sourire sans tenir compte de l’état de mon cœur. Vous étiez bien beau tout à l’heure, mon Victor, malheureusement je ne serai pas seule à faire cette remarque ; il est probable encore que vous trouverez à vous appareiller à cette exposition de marchandises cosmopolites et de femmes du cru. Moi, pendant ce temps-là, je finis d’achever ma stupide vie de chien de basse-cour pour laquelle pourtant j’avais si peu de vocation. J’attends, non sans impatience, que la providence en robe bleue m’octroie une de ses boulettes municipales afin que j’aille aboyera ailleurs après le bonheur qui ne sera peut-être pas aussi dédaigneux pour les pauvres bêtes dans l’autre monde qu’il l’a été pour moi dans celui-ci. En attendant je reste dans ma niche pendant que vous roucoulez autour des Jersiaises.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « aboier ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle s’inquiète des séances de spiritisme à Marine-Terrace, dont elle est exclue, et qui lui semblent des diableries.

  • 6 septembreArrivée de Mme de Girardin chez les Hugo ; elle va initier ses hôtes aux tables parlantes à partir du 11 septembre.
  • 21 novembreChâtiments.