« 12 décembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 233-234], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10184, page consultée le 26 janvier 2026.
12 décembre [1836], lundi, 1 h. après-midi
Bonjour, vous, que la pudeur m’empêche de nommer par son vrai nom.
Convenez que
j’aurais beau jeu si je voulais vous haïr ? Mais je ne le veux pas, exprès pour vous
faire enrager, et moins vous m’aimerez et plus vous me ferez d’affront. Et plus je vous aimerai et plus je vous désirerai, me réservant de
vous aimer encore mille fois davantage. Si vous deveniez très empressé et très gentil
comme autrefois.
Je vous écris de mon lit où je suis et où je resterai pour
déjeuner parce qu’il fait trop froid pour se lever sans feu et puis parce que je ne
suis pas à mon aise.
Demain je veux prendre une consultation depuis le haut jusqu’en bas, puisque tout bien
considéré, j’ai mal partout. Il dépendrait de vous de me
guérir, vous avez pour cela une bonne petite médicine UNIVERSELLE mais vous en êtes
si
avare qu’il n’y a pas moyen d’en obtenir une seule GOUTTE. Ainsi suis-je très malade.
Je vous aime néanmoins et je désire de tout mon cœur vous le prouver par trente
six mille CARESSES À VOTRE CHOIX.
Juliette
« 12 décembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 235-236], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10184, page consultée le 26 janvier 2026.
12 décembre [1836] lundi soir 4h ½
Toujours le même refrain, je vous attends. Je croyais que
vous viendriez, ne fusse que pour aller chez [N ?] [V ?] [P ?]… chercher
votre veste modèle, mais vous aimeriez mieux vous passer de culotte au besoin plutôta que de vous rapprocher de moi une minute de plus dans la journée. C’est bon,
c’est très bon. Le jour ou nous réglerons nos comptes, je vous rabattrai tout cela
sur
mon propre amour, et il n’en restera pas grand-chose, car vous m’aimez aussi peu que
je vous aime beaucoup.
On n’a point encore apportéb votre chaise, mais comme c’est pour jeudi il suffit que vous l’ayez mercredi. Au surplus, si vous croyez nécessaire que j’écrive je le ferai. Je
ne vous propose pas d’y aller puisque ce serait vous forcer
à venir avec moi et je sens que la corvée serait par trop
rude.
Si vous croyez que vous êtes beau quand vous vous conduisez comme cela,
vous vous trompez du tout au tout.
Décidément je ne veux pas vous dire un seul
mot de tendresse, je vous tire la langue, je vous fais
d’atroces grimaces accompagnées du plus affreux mépris. Vous êtes un… [illis.].
Attrapé !
J
a plus tôt.
b apporter.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
