« 23 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 66-67], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10087, page consultée le 24 janvier 2026.
23 octobre [1836], dimanche après-midi, 3 h. ¼
Je n’ai encore vu personne, mon chéri. J’ai fait toutes mes affaires et la
blanchisseuse que je n’attendais pas est venue, de sorte que j’ai été forcée de la
faire payer par la bonne. Si je vous dis toutes ces choses, c’est pour vous obéir
en
cela comme en tout.
Je vous aime mon cher petit Toto
chéri, je vous aime, vous êtes mon tout cum toto.
Quel dommage que nous ne soyons pas à courir les champs – de ce beau temps-ci.
Comme il ferait beau à l’heure qu’il est dans la cathédrale
d’Auvers. Je ne vous dis pas cela pour vous fâcher, mais seulement pour vous
dire qu’il est très fâcheux que nous soyons tous les deux dans la plus profonde
misère.
Je vous aime mon TOTO. Je le dis tout haut, tant pis. J’aime Toto, vive
la garde nationale… son auguste famille.
Je compte vous revoir très tôt, car
j’espère qu’en me laissant la clef de la maison vous n’avez pas pris celle des champs.
Juliette
« 23 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 68-69], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10087, page consultée le 24 janvier 2026.
23 octobre [1836], dimanche soir, 4 h ¾
Encore personne, tu vois mon cher petit bijou que mes pratiques ne se pressent pas d’accourir. Au reste je les en remercie, c’est
plus de temps que je reste avec ta pensée toute seule.
Tout ceci aboutit à vous
dire que je vous aime. Je voudrais bien savoir ce que vous faites de toutes les belles
journées qui viennent de s’écouler et à quoi vous les avez employées ? Je ne sais
pas,
mais il me semble que ma girouette est à la jalousie.
Prenez-y garde mon petit Toto, car si jamais je découvrais votre trahison, je vous
mettrais à même de chanter à la Chapelle Sixtine, ce qui
vaudrait encore mieux que doubler M. HENRI dans les rôles de
poisson1.
En attendant que mon couteau
soit raiguisé, je vous embrasse avec toutes sortes de
civilités.
1 À élucider.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
