24 mai 1857

« 24 mai 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 91], transcr. André Maget, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2930, page consultée le 25 janvier 2026.

Depuis que je t’ai dédié ma tapisserie, mon cher adoré, j’ai hâte de la finir et je voudrais pouvoir y travailler jour et nuit. Malheureusement mes yeux ne s’y prêtent pas beaucoup et mon savoir-faire n’est pas à la hauteur de mon amour qui aspire à te plaire en toute chose mais enfin j’espère que la bonne volonté me sera comptée comme pour un chef-d’œuvre et que tu accueilleras avec indulgence mes pauvres zigzags plus ou moins réussis. En attendant, je m’épêche de te donner mon cœur en trois coups de plume ; puis si je peux me tenir sur mes pattes ce soir nous ferons une petite promenade après notre dîner.
En règle générale, je n’aime pas à sortir le dimanche dans le jour à cause des bourgeois en congé, mais le soir tous les guernesiais sont gris et nous pouvons sans inconvénients nous confondre avec eux . [À ce soir ?] donc, si ma podagrerie1 ne s’y oppose pas, à la promenade, et à tout à l’heure pour vous baiser à plate couture. Prenez garde à vous.

Juliette


Notes

1 Juliette Drouet souffre régulièrement de la goutte.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.

  • Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».