« 13 janvier 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 51-52], transcr. Erika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11332, page consultée le 24 janvier 2026.
13 janvier [1837], vendredi après midi, 1 h.
Bonjour mon bien aimé. As-tu bien dormi cette nuit ? as-tu eu pitié de tes pauvres
yeux ? La pensée que tu travailles toutes les nuits sans relâche m’empêche de dormir
moi-même et me faita voir comme
dissipation toutes les dépenses que je fais pour mes besoins. C’est aussi pour cela
que je te prie de ménager un peu ta santé et tes yeux afin que je sois moins
tourmentée et moins inquiète quand je pense à toi.
Vois-tu mon bon petit homme ce
que nous disions hier sur les améliorations à faire dans notre petite chambre : nous
attendrons que nous soyons très riches pour réaliser tous nos petits rêves de mille
et
une nuits. Alors ce sera très gentil et je n’aurai pas le remords de les devoir à
ton repos.
Jour Toto, il fait bien mauvais et bien sombre,
heureusement que les courses que nous avions à faire l’ont été
[hier ?], ce qui nous permet de rester chez nous, car j’espère que tu
vas venir tout à l’heure dans notre petit chez toi et que
nous pourrons être heureux et joyeux à la barbe du mauvais temps. En attendant mon
petit Toto chéri, je vais bien penser à toi et bien t’aimer de toutes mes forces.
Juliette
a « fais ».
« 13 janvier 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 53-54], transcr. Erika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11332, page consultée le 24 janvier 2026.
13 janvier [1837], vendredi soir, 4 h.
Mon cher petit homme, j’ai eu l’ouvrier et l’ouvrière de Jourdain depuis tantôt 2
h., j’en ai profité pour faire toutes les petites réparations qu’il y avait à
faire. Les voici qui s’en vont à l’instant même.
Je ne suis point encore
habillée, ni débarbouillée à cause de cela. Mais je vous aime mon Toto, et même je
vous adore de tout mon cœur et de toute mon âme, quoiquea je ne vous aie pas vu de la journée.
Quel temps, quel fichu temps, on n’y voit pas clair du tout, heureusement que
l’amour est aveugle et ne s’aperçoitb pas des éclipses si fréquentes de notre soleil.
Mon
petit Toto, mon petit Oto, mon petit To, mon petit O,
je suis votre bonne vieille et fidèle Juju qui
vous attends avec patience et courage, mais cependant vous n’en abuserez pas, n’est-ce
pas mon amour ? car enfin si je ne drogne pas,
je n’en soufre pas moins en dedans.
Je t’aime, que je te dis, voilà tout, après,
eh bien je t’aime si ça ne vous convient pas, tant pire.
a « quoi que ».
b « apperçoit ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
