« 16 janvier 1844 » [source : BnF, Mss, NAF 16354, f. 59-60], transcr. Chadia Messaoudi, rév. Chantal Brière et Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11577, page consultée le 06 août 2026.
16 janvier [1844], mardi soir, 8 h. ½
J’ai le cœur plein de tristesse, mon pauvre adoré, en pensant à cette malheureuse
femme. J’aurais besoin de te voir pour dissiper le chagrin que m’a fait Mme Triger en
m’apprenant la mort prochaine de cette pauvre, noble, digne et intéressante créature.
Rien n’est plus pénible que d’assister à de pareilles souffrances sans pouvoir les
soulager. Je viens de lui écrire pour lui demander l’heure à laquelle je puis aller
à
la voir. J’ai tâché de ne rien [percer ?] de l’inquiétude et de la
tristesse que j’éprouve dans ma lettre. J’espère y avoir réussi.
Mais que je te
remercie mon pauvre ange doux et miséricordieux, que je te remercie de ta générosité
pour cette pauvre femme. Si tu savais avec quelle vénération je te regarde et je pense
à toi, mon sublime bien-aimé, tu saurais combien et comment je t’aime. Sois béni,
sois
béni à jamais, mon cher adoré.
Aujourd’hui c’est la journée aux tristes
nouvelles, à commencer par celles qui concernent la mère Lanvin. Ce soir j’ai une lettre de Mme Krafft qui probablement m’annoncera aussi quelque nouveau
malheur. Je ne l’ai pas ouverte mais je le crains. Que le bon Dieu te préserve, mon
bien-aimé, toi et tous ceux que tu aimes. Qu’il protège mon enfant et que sa volonté
soit faite après. Je baise tes beaux petits cheveux, tes doux yeux, ta ravissante
petite bouche, tes divines mains et tes chers petits pieds. Je t’aime, je t’aime à
genoux.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle s’ennuie, et commence à se plaindre de voir Hugo moins souvent, sans savoir qu’il a entamé une liaison passionnée avec une autre femme.
- Début octobrePetit voyage avec Hugo.
