« 6 janvier 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 8], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.4829, page consultée le 15 mai 2026.
Guernesey, 6 janvier 1858, mercredi soir, 5 h. ½
Ne sois pas trop triste mon bien-aimé, n’ajoute pas à ta fatigue d’esprit le chagrin du cœur, par pitié pour tous ceux qui t’aiment, si ce n’est par pitié pour toi, dont tu fais hélas ! trop bon marché si j’en crois mon pressentiment qui, jusqu’à présent ne m’a jamais trompé quanda il s’agit de ta tranquillité et de ton bonheur. Ce voyage1 qui te tourmente aura pour effet certain de faire trouver au retour la vie de famille ici ce qu’il y a de plus heureux, de plus gai, de plus enviable, et de charmant. Tu verras que je prédis vrai d’ici à un mois. En attendant, il ne faut pas que tu te rendes malheureux de cette absence devenue nécessité aujourd’hui. Je t’aimerai tant, tant et tant, mon adoré que j’emplirai ton horizon tout entier d’amour et que tu ne verras pas autant le vide que ces deux chers êtres laisseront dans ton cœur en s’éloignant.
1 Juliette Drouet parle du retour à Paris, qui aura lieu le 18 janvier 1858, de la femme et la fille de Victor Hugo.
a « quant ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
