« 20 octobre 1846 » [source : MVH, α 7801], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.1288, page consultée le 05 mai 2026.
20 octobre [1846], mardi matin, 9 h.
Bonjour mon cher petit Bonneuil, dit Chevreuil, né à Verneuil, père de Luxeuil, qui
n’a qu’un œil, d’écureuil, qui est en deuil, sur le seuil de son autre œil au
cercueil. Monsieur Germeuil, dit Nanteuil, né à Mareuil, près d’Argenteuil, fait
accueil, dans son orgueil, à tous ces œils, de son aïeul,
comme un bouvreuil sur un écueil plein de cerfeuil.
Si vous croyez qu’on
[ne puisse faire] sa petite improvisation comme un autre, et
comme deux autres, vous êtes dans une piteuse erreur. En voulez-vous encore ? en
voilà. Défunt saint Preuil près de Montreuil dans son fauteuil voyait un treuil..
etc…
La suite au numéro prochain. Je ne veux pas vous écraser de ma supériorité en une
seule fois, j’ai pitié de vous, mon pauvre académicien. Est-ce que je n’ai pas de
séance aujourd’hui ? Cela me vexerait fort. Comme je n’ai presque que cette occasion
de vous voir je suis bien attrapéea quand elle me manque. Vous
pensez que le mauvais temps ne me fait pas peur et que je redoute cent millions de
fois moins avec vous, la pluie le vent et tout le déchaînement des éléments, que la
solitude et l’abandon dans lequel vous m’abritez. Si bien [vainement ?]
aussi je guette, mieux que ne ferait [illis.] de souris, toutes les séances de n’importe
quoi auxquelles j’ai des droits incontestables, quoique très contestés. Baisez-moi
mon
cher petit Chinois et tâchez de ne pas me laisser toute la journée toute seule à vous
attendre. Je vous en serai bien reconnaissante.
Juliette
a « attrappée ».
« 20 octobre 1846 » [source : MVH, α 7802], transcr. Nicole Savy, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.1288, page consultée le 05 mai 2026.
20 octobre [1846], mardi après-midi, 4 h.
Je suis triste, mon Toto, malgré que j’en aie car je ne te voisa pas et il me semble que tu n’y mets pas beaucoup de bonne volonté, à venir me
voir. Je voudrais ne jamais te parler de cela. A quoi bon ? Mais j’y reviens toujours
sans m’en apercevoir tant ton absence est mon unique préoccupationb et mon seul souci. Cependant je ne
veux pas t’ennuyer à quelque prix que ce soit et je fais des efforts énormes pour
te
parler d’autre chose, ce qui fait que tous mes gribouillis sont remplis d’un tas de
choses incohérentes et insignifiantes au dernier point. J’en excepte la pluie et le beau temps. Hé bien que dit-on chez toi du
[fameux ?] bon marché ? Pourvu que vous n’alliez pas me nier ce
précieux dépôt ? J’ai fait une fameuse imprudence tout de même en vous laissant
emporter ces valeurs sans en avoir des reçus. Une autre fois je ne serai pas si
confiante. C’est déjà trop pour cette fois ci.
Déjà parti, mon bien-aimé, et dieu
sait à quelle [heure] je te reverrai ce soir. Enfin je t’ai vu
c’est déjà beaucoup mais ce n’est pas assez. Je voudrais être à ce soir au moment
où
tu viendras. D’ici là, je vais bien penser à toi et bien t’aimer de toutes mes
forces.
Juliette
a voie.
b préocupation.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
sa fille Claire meurt de la tuberculose. Le père biologique, James Pradier, et le père adoptif, l’accompagnent dans ce deuil. Celui-ci libère Hugo du blocage qui l’empêchait de se rendre sur la tombe de Léopoldine, où il se rend pour la première fois depuis trois ans.
- 28 marsCrise nerveuse de Claire.
- 1er-5 juinHugo, à la Chambre des Pairs, participe au procès de Pierre Lecomte, auteur d’un attentat manqué contre le roi. Lecomte sera guillotiné.
- 2 juinJuliette et sa fille s’installent à Auteuil, 56 rue de la Fontaine, dans un appartement que leur loue Pradier. Il refuse de louer un appartement plus confortable pourtant disponible dans le même immeuble.
- 21 juinMort de Claire Pradier.
- 23 juinEnterrement de Claire Pradier au cimetière d’Auteuil.
- Juin-juilletVictor Vilain réalise un buste en terre cuite de Juliette.
- 11 juilletAprès la découverte des dernières volontés de Claire, son corps est exhumé et transféré au cimetière de Saint-Mandé.
- 1er-2 aoûtVictor Hugo et Juliette partent en excursion le samedi toute la journée, et le dimanche matin, et prennent le chemin de fer.
- 25-28 septembreSéjour en Normandie, à Caudebec et Villequier.
