28 septembre 1838

« 28 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 271-272], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3102, page consultée le 05 mai 2026.

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Mon cher bijou adoré, je viens d’ôter mes brodequins qui me gênaient, ne comptant plus sur toi au moins pour les MARRONNIERSa1. D’ailleurs dans le cas où tu viendrais, ils seraient bien vite remis. Vous avez été bien méchant et bien bête tantôt mais je vous pardonne parce que vous avez été bien i après. Une autre fois, il ne faut pas vous en aller quand bien même je vous le dirais de ma plus grosse voix et de mon plus mauvais caractère. J’avais emporté mon laissez-passer tantôt dans mon portefeuille brodé dans lequelb est serréec ma chère petite lettre de fête. Aussi je l’ai lue, relue, baisée et rebaisée, ce qui n’a pas peu contribué à vous faire pardonner votre dernier trine. J’adore mon Toto, j’aime mon Toto, je voudrais voir mon Toto, je voudrais baiser mon Toto dans toute l’acception du mot baiser. J’aime mon Victor adoré. Pourquoi que vous ne venez pas ?

Juliette


Notes

1 Restaurant chic de Bercy.

Notes manuscriptologiques

a « maronniers ».

b « laquelle ».

c « serré ».


« 28 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 273-274], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3102, page consultée le 05 mai 2026.

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Je tiens tout de suite tes deux petites lettres, mon amour, car je ne compte pas le gribouillis de brouillerie que je vous ai écrit tantôt. Et puis après je ferai des pavots pour vos chers beaux yeux. Vous voyez bien, mon petit homme, que vous ne venez pas quéqu’un de méchant cependant qui aurait compté sur votre promesse et qui pousserait la méchanceté jusqu’à regretter que vous ne l’ayez pas tenuea… Hein, qu’est-ce que vous feriez ? Répondez tout de suite car je suis ce QUÉqu’un-là. Soir mon To, soir mon petit o. Venez bien vite ne fût-ceb que pour vous faire baiser une bonne petite fois. Au fait, vous avez raison de ne pas vouloir rabattre le petit col de votre chemise, il n’y a que les gants jaunes qui font comme cela. J’aime mieux que vous ne le fassiez pas, vous êtes trop joli, je vous défends de le faire maintenant.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « tenu ».

b « ne fusse que »

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.

  • Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
  • MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
  • 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
  • MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
  • 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
  • 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
  • 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.