12 septembre 1880

« 12 septembre 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 244 ], transcr. Emma Antraygues et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12948, page consultée le 25 janvier 2026.

Bonjour, mon grand bien-aimé ; Bonjour à tout crin, à tout vent, àa tout cœur, bonjour, je t’aime ! En somme, la tempête de cette nuit a fait plus de bruit que de besogne, heureusement ! Mais quel tapage ! Ce matin mon premier mot a été pour m’informer s’il n’y avait pas eu de dégâts dans l’île, la force de l’habitude. Profitons de cet avertissement, sans frais, pour plier bagage et faire notre retraite sur Paris en compagnie de notre cher hôte1, ce qui rendra notre sacrifice plus facile. D’ailleurs, il n’est pas bon de s’acoquiner trop longtemps aux bonnes choses de la vie qui, d’elles même, doivent nous quitter, nécessairement. J’ai mis sous enveloppe ta bonne petite lettre à Vacquerie qui sera bien heureux en la lisant. Il te reste à répondre au syndicat des ouvriers de Rouen2. Le plus tôt sera le mieux puisque tu ne peux lui accorder ce qu’il te demande. À propos de demander, je te prie de me donner de quoi payer le dernier blanchissage venu hier. 7 F. 70 plus pour une tarte que j’ai commandée à Marie tout à l’heure. Je sais bien que tu vas te hérisser devant ces exactions mais je m’en fiiiiiiiiiche ! Est-ce clair ? Ce qui l’est encore davantage c’est que je t’aime à cœur que veux-tu sans marchander et sans compter. Cela vous embête, mais c’est comme ça, prenez en votre parti, comme je prends le mien.

[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
Veules


Notes

1 Le couple rentre à Paris aux côtés de Paul Meurice qui les a accueillis dans sa propriété à Veules-les-Roses.

2 Hugo doit décliner l’invitation d’une association d’ouvriers de Rouen à les rencontrer à l’occasion de son passage qui avait été annoncé, à Villequier, chez Auguste Vacquerie, mais qui a été annulé.

Notes manuscriptologiques

a « à à ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française

  • AvrilReligion et religions.
  • 24 octobreL’Âne.