« 23 septembre 1841 » [source : BnF, Mss, NAF 16346, f. 241-242], transcr. Gwenaëlle Sifferlen, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7982, page consultée le 05 mai 2026.
23 septembre [1841], jeudi après-midi, 3 h. ¾
Que je vous voie rester plus d’un jour à la campagne quand vous serez obligé d’y
aller, affreux scélérat, et vous verrez si vous me retrouvez à la même place1. Avise-t’en, brigand, et tu verras de quelle jambe je me
mouche. On vient enfin de finir le ménage et de nettoyera vos gâchis et vos immondices, vilain
petit Dessinb ; regardez comme ça vous ressemble, c’est-à-dire que c’est
ressemblant jusqu’au trompe-l’œil2. Quand on vous a vu une fois, il est impossible de ne pas vous
reconnaître sur ce fac-similé. Ia ia monsire
Dodo, c’est un vrai VIRIDE3 que ce petit cochon rose. Décidément je suis une
grande peintresse4 !
Jour Toto, jour mon cher petit o. Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime,
je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime,
je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime,
je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime,
je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime,
je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime,
je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je
t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime.c
Juliette
1 Pendant l’été 1841, les Hugo ont loué à Saint-Prix, dans le Val-d’Oise, un appartement meublé de la mi-juin à la mi-octobre, et le poète y passe du temps de juillet à octobre pour terminer la rédaction du Rhin.
2 Juliette qualifie souvent Hugo de « cochon, goret, porc », en raison semblerait-il de son manque de soin récurrent.
3 Il s’agit d’un vert plutôt sombre. Que veut dire Juliette en l’employant dans ce contexte ? Une allusion à l’habit vert des académiciens peut-être ?
4 Le jeudi 9 septembre après-midi, Juliette a déjà ainsi proposé une féminisation de nom de métier : « Il me semble que j’en suis grouillante et pouilloulante, mettez ce motte dans votre dictionnaire en regard de pullulante et donnez-moi des droits d’auteuse ».
a « nétoyer ».
b Dessin d’un cochon à la queue en tire-bouchon :

c Il y a cent-deux « Je t’aime ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle assiste à la réception de Hugo à l’Académie Française.
- 7 janvierÉlection à l’Académie française.
- 3 juinRéception à l’Académie française.
- Juillet-octobreVillégiature à Saint-Prix.
