« 9 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 141-142], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11349, page consultée le 24 janvier 2026.
9 février [1837], jeudi, midi ¼
Bonjour mon cher cher petit homme. Je vous aime de toute mon âme.
Jour, je suis une vieille bête, je vous demande
bien pardon. Vous êtes mon Toto adoré, jour, jour, jour, onjour. J’ai assez bien dormi cette nuit, je me sens un peu mieux ce matin,
quoique la gorge et la tête soient encore douloureuses mais je vous aime avec beaucoup
de persil frit.
Je voudrais bien recevoir mon petit dessin. M. Toto Victor Hugo
en a assez joui. On peut bien me le rendre à présent, ça ne serait que juste.
Mon
cher petit oto je voudrais bien vous baiser. Je
ne vous en veux pas de n’être pas venu cette nuit, pauvre cher petit homme, parce
que
je suis sûre que vous avez travaillé pour moi au risque de vous fatiguer et de faire
mal à vos yeux adorés. Je voudrais bien être riche pour vous empêcher de vous tuer
comme vous le faites pour moi, il me prend des rages d’ambition quand je pense à
cela.
Je voudrais être une GRANDE ACTEUSE. Je ne vous aimerais pas plus, mais je
vous serais moins à charge et nous serions tous les deux plus heureux.
Juliette
« 9 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 143-144], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11349, page consultée le 24 janvier 2026.
9 février [1837], jeudi soir, 8 h.
Mon cher petit homme bien aimé, vous êtes très bon, très indulgent et pas du tout
soupçonneux et je vous aime et vous êtes mon beau, mon grand
Toto.
Je suis un peu malingre dans ce moment ci, mais il faut convenir que je
souffre vraiment beaucoup de partout.
Vous avez reçu un bien beau machin de
M. Joly, je vous défends de le donner à
personne, pas même à moi, je veux que vous le gardiez. Au
besoin, je vous le garderai, s’il le faut, plutôta que de vous le voir donner.
Mon dîner n’est pas encore
prêt, mais comme je ne sortirai pas ce soir ça m’est égal et
à vous aussi.
Je voudrais bien faire une grosse débauche chez le célèbre
Pressoir1. Vous seriez bien gentil de
satisfaire d’ici à très peu de temps cette envie de femme qui n’est pas grosse.
Jour mon petit oto. Je vous aime de tout mon cœur et je suis presque plus méchante.
C’est bien bon de ma part, aussi j’espère que vous viendrez très tôt m’en remercier
et
m’en faire vos compliments bien sincères. En attendant je pense bien à vous et je
vous
aime.
Juliette
1 Restaurant réputé.
a « plus tôt ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
