« 15 juillet 1882 » [source : BnF, Mss, NAF 16403, f. 138], transcr. Yves Debroise, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.6545, page consultée le 26 janvier 2026.
Paris, 15 juillet 1882, samedi midi
Cher bien-aimé, j’ai presque honte de te chanter toujours la même antienne sans aucune variante à mes vilains maux qu’un affaiblissement progressif que rien jusqu’à présent ne peut arrêter. J’ai beau prendre mon courage à deux mains rien n’y fait. J’ai pris un bain ce matin et depuis que j’en suis sortie je suis dans un anéantissementa idiot presque complet : à quoi cela tient-il ? That is the question à laquelle Madame Nature répond d’un air assez revêche : « Tu as assez vécu. Il est temps d’aller voir par delà ce monde si j’y suis ». C’est à quoi je me décide à regret tant que tu restes ici. Mais j’ai beau y mettre toute la lenteur possible il faudra bien que je plie très prochainement bagages. En attendant je continue à t’adorer plus que jamais.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
a « annéantissement ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
de plus en plus affaiblie par la maladie, elle fait face, mais finit par arrêter son journal épistolaire.
- 8 janvierHugo réélu sénateur.
- 26 maiTorquemada.
- 2 aoûtJuliette refait son testament.
- 6-28 septembreSéjour à Veules-les-Roses, chez Paul Meurice, puis à Villequier, chez les Lefèvre-Vacquerie.
- 25 novembreElle assiste à la reprise (2e représentation) du Roi s‘amuse.
