14 octobre 1836

« 14 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 36-37], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10079, page consultée le 07 août 2026.

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Mon cher petit homme bien aimé, vous avez la cruauté d’exiger que je ne sois pas BÊTE. C’est comme si vous vouliez que je ne sois pas MOI. Comme je ne peux pas vous obéir sur ce point, vous trouverez bon que je continue d’être ce que j’ai toujours été, la plus ANIMALE DE CES ANIMAUX-LÀ. Je pense avec terreur que c’est peut-être aujourd’hui le dernier jour ou nous aurons été ensemble librement, que c’est peut-être le dernier déjeuner que nous ayons fait du moins d’ici à bien longtemps. Cette pensée n’est pas de celles qui vous donne de la joie et de la gaieté. Ainsi je suis triste et souffrante de tout mon cœur.
En attendant que je te revoie mon cher adoré, je vais bien m’ennuyera mais aussitôt que je te reverrai je serai heureuse et joyeuse et je te baiserai bien.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « ennuier ».


« 14 octobre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 38-39], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10079, page consultée le 07 août 2026.

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Je continue d’être malade, mon cher bien aimé. Je viens de vomir mon déjeuner. Je voudrais me débarbouiller avant de me coucher, je ne sais pas si j’en aurai la force.
Je t’aime mon Toto bien aimé, je t’aime va.
Enfin j‘ai si mal à la tête qu’il me semble qu’elle va faire explosion comme une vieille marmite autoclave.
Je suis BÊTE comme vous vous plaisez à le reconnaître. Je suis vielle, je suis laide et je prends du TABAC et j’ai le front de vous aimer comme une jeune jouvencelle qui n’aura que cela à faire. En vérité il devrait exister une loi qui interdise l’amour passé un certain âge et dans de certaines conditions. N’est-ce pas mon Toto, que ce serait très bien vu ? En attendant je vous crois plus que jamais à Fourqueux, ce dont j’enrage et comme Suzette est aussi malade, je vais l’envoyer coucher après lui avoir fait mettre à tout hasard votre dîner de côté. Je t’aime toi.

Cette année-là…
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Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.

  • JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
  • 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
  • 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
  • 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
  • 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
  • 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
  • 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.