« 7 août 1841 » [source : BnF, Mss, NAF 16346, f. 123-124], transcr. Gwenaëlle Sifferlen, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.4309, page consultée le 04 mai 2026.
7 août [1841], samedi matin, 11 h. ½
Bonjour cher Toto bien-aimé, bonjour mon ravissant petit homme, bonjour mon GRAND
ARTISTE, bonjour, bonjour, je suis folle de vous. Je vous écris tard mais toutes mes
affaires sont faites. Vous pouvez m’apporter à copier tout de suite, je suis prête
et
je m’appliquerai bien et je ne ferai pas de bourrats et je
mettrai bien à la ligne.
Vous pouvez en juger par cettea esquisse d’une femme appliquée à faire des
ALINÉAS.
Dessinb
Ceci doit vous rassurer et vous encourager à m’apporter de la
copie dare-darec.
J’espère que
je ne suis pas en reste de dessin avec vous et que même vous me devez du retour. Je
vous en tiens quitte pour une petite culotte
tantôt au cabaret.
Il fait si beau et il y a si longtemps que je ne suis
sortied que vous devriez me
donner ce bonheur-là aujourd’hui, cependant je n’y compte pas car je sais combien
tu
es pressé par ton travail. Aussi, mon pauvre amour, je m’apprêtee à rester chez moi le plus possible, je
te demande seulement de venir me voir une pauvre petite minute et de m’apporter de
la
copie. Avec ça je tirerai ma journée avec courage. Je t’aime
mon Toto.
Juliette
a « cet ».
b Dessin de Juliette assise à sa table de travail, en
train de copier les œuvres de Hugo avec son matériel :

c « dar dar ».
d « je n’ai sorti ».
e « aprête ».
« 7 août 1841 » [source : BnF, Mss, NAF 16346, f. 125-126], transcr. Gwenaëlle Sifferlen, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.4309, page consultée le 04 mai 2026.
7 août [1841], samedi après-midi, 2 h.
J’attends toujours, mon bien-aimé, et je ne vois rien venir. Je m’étais pourtant bien
dépêchéea à faire mes affaires
pour avoir tout mon temps à ta disposition mais je vois bien que je vais en être pour
mes frais de diligence encore aujourd’hui. Je vais reprendre
ma couture, chose toujours peu divertissante pour moi et qui servira agréablement
à
prolonger mon mal de tête qui n’est pas tout à fait dissipé. Jour Toto, jour mon petit o.
Quel beau temps et comme on en profiteraitb avec fureur si on pouvait, surtout après les trois mois de
pluie que nous venons de passer et l’année de privation et d’attente que je viens
de
dévorer. Je ne sais pas ce que je ne donnerais pas pour passer toute cette journée-ci
avec toi au bord de l’eau ou sous les arbres. Hélas je ne peux pas même obtenir de
te
voir une minute et d’avoir de la copie tout mon soûlc, c’est triste. Je ne veux pas parler de cela trop longtemps parce
que malgré moi je deviendrais amère et injuste. Baise-moi, mon amour, tâche de venir
le plus tôtd que tu pourras et
aime-moi. Je t’aime de toute mon âme, moi, je baise tes chers petits pieds blancs.
À
bientôt n’est-ce pas mon amour ?
Juliette
a « dépêché ».
b « profiterais ».
c « sou ».
d « plutôt ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle assiste à la réception de Hugo à l’Académie Française.
- 7 janvierÉlection à l’Académie française.
- 3 juinRéception à l’Académie française.
- Juillet-octobreVillégiature à Saint-Prix.
