« 15 mars 1880 » [source : BnF, Mss, NAF 16401, f. 75], transcr. Blandine Bourdy et Claire Josselin, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.12823, page consultée le 07 août 2026.
Paris, 15 mars 1880, lundi matin, 8 h.
Dors, mon cher bien-aimé, jusqu’au moment où je croirai qu’il est nécessaire de te faire penser que tu as une convocation pour la réunion au Sénat à 1 heure dans le 8e bureau aujourd’hui. Je te ferai penser aussi que tu as reçu le billet des contributions montant à 709 F. 76 centimes, d’autre part la note du fumiste à forfait : 30 F., plus le blanchissage d’aujourd’hui dont le chiffre ne m’est pas encore connu, et la bougie et l’huile à brûler d’hier montant ensemble à 48 F. 85 c. À toi maintenant de faire ce qu’il te plaira de cette communication officieuse. Je ne te parle pas de mes scies1 personnelles et imméritées telles que les lettres réitérées, plaintives et canulantes de Mme [illis.] de Mussy qui me prend à parti, comme si j’y pouvais quelque chose, dans cette bête d’affaire embrouillée et quasi folle de son mari avec un universitaire quelconque. Tous ces embêtements et autres, comme dit notre bon Lesclide font ma vie trop souvent morose. Enfin, il faut savoir se résigner. « Surtout quand on ne peut pas autrement » a dit le sage des sages feu le grand Scribe2. Je vais aller chercher ta lettre à Sarcey3 pour l’envoyer à la poste. Le temps est, comme moi, assez grimaud ce matin. À qui la faute ? Je le demande à Dieu et aux hommes et j’attends leur réponse de cœur ferme.
[Adresse]
Monsieur Victor Hugo
1 Scie : refrain entêtant.
2 Référence à élucider.
3 Critique et journaliste, Francisque Sarcey avait loué Hugo lors du banquet à l’Hôtel Continental, donné le 26 février 1880 pour célébrer le cinquantenaire d’Hernani et l’anniversaire de son auteur.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
l’amnistie des Communards est enfin votée, et la fête nationale, fixée le 14 juillet, fonde la République sur la Révolution Française
- AvrilReligion et religions.
- 24 octobreL’Âne.
