9 juin 1863

« 9 juin 1863 » [source : BnF, Mss, NAF 16384, f. 151], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7296, page consultée le 10 août 2026.

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Je t’ai vu, mon cher bien-aimé, et tu me parais en assez bon état, malgré ton rhume, ce qui me réjouit le cœur et l’âme. De mon côté, je vais très bien et je me prépare à un bon petit LICHON1 ce soir, c’est-à-dire à en prendre ma part. Hélas ! Hélas ! Hélas ! saint Médard2 a FUI hier au soir mais [Plusieurs mots illisibles.] en nous inondant d’une averse carabinée, ce qui ne nous promet pas des jours filés de soleil cet été. Il est vrai que la béquille de saint Barnabé peut lui casser sa stupide cruche d’ici à deux jours, mais je ne me fie pas trop au talisman de ce podagre de saint et je considère notre été comme tombé dans l’eau jusqu’au cou. Mais, où je suis avec toi, le bonheur est, ce qui fait que je suis peu sensible à cet accident météorologique, mes petits poulets non plus n’en paraissent pas [illis.] car ils n’en perdent pas un coup de bec à travers [illis.] jardinage, ils poussent à vue d’œil et font de leur mieux pour ne pas laisser un seul brin d’herbe [debout ?]. Ils y ont déjà aux trois quarts réussi. Quant à mon PAUVRE Fouyou il a renoncé de crainte de [Plusieurs mots illisibles.] a pris le parti de passer toutes [les ?] nuits dehors et de dormir dans sa boîte toute la journée. Il est impossible de pousser plus loin la discrétion, aussi je l’en récompense par du bon pain SEC qu’il adore assaisonné de deux ou trois petites caresses sur la tête. Moi aussi je me contenterais de pain sec le reste de ma vie à la condition que vous m’aimerez à la sauce piquante d’amour. Vous voyez que je suis aussi bête que lui et plus bête encore [illis.] je vous aime sans [illis.].


Notes

1 Juliette joue avec le mot « luncheon », « repas ».

2 Carnet de Victor Hugo (6 juin) : « St. Médard, vent d’ouest, pluie à 11 h. du soir. »

Cette année-là…
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Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Adèle, fille de Hugo, s’enfuit au-delà des mers à la poursuite désespérée d’un militaire dont elle est amoureuse. Mme Hugo adresse quelques signes de courtoisie à Juliette.

  • 19 maiElle signe un bail de location pour la maison du 20, Hauteville.
  • 18 juinAdèle, fille de Victor Hugo, part rejoindre le lieutenant Pinson.
  • 2 juilletMme Hugo offre et dédicace à Juliette Drouet un exemplaire de son Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
  • 15 août-7 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
  • DécembreElle décline l’invitation de Mme Hugo à participer au dîner des enfants pauvres.