31 décembre 1843

« 31 décembre 1843 » [source : BnF, Mss, NAF 16353, f. 231-232], transcr. Olivia Paploray, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11523, page consultée le 06 mai 2026.

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Ma péronnelle est à la messe, mon Toto chéri et moi je viens de prier le bon Dieu pour toi et les tiens. Je le prie à tous les instants de ma vie car l’amour c’est une prière et je t’aime sans diversion et sans interruption.
Comment vas-tu ce matin mon cher bien-aimé ? Comment vont tes beaux yeux ? Comment va ton pauvre cœur, n’est-il pas bien triste de l’absence de ce pauvre Charlot ? Quand tu liras ceci le supplicea sera passé heureusement et je suis une maladroite de te le rappeler. Mais c’est que jamais je ne pense que je t’écris, je crois toujours que je te parle. C’est une illusion qui m’est chère et dont je ne veux pas sortir. C’est ce qui fait que bien souvent tu lis des choses qui n’ont même plus l’intérêt du moment, à défaut d’autres.
Je voudrais bien savoir si ma Dédé a été contente de sa petite surprise ? Pauvre ange bien-aimée, je voudrais être fée pour la combler des choses les plus ébouriffantes. Hélas ! je ne suis qu’une vieille Juju, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Taisez-vous et aimez-moi, ça vaudra bien mieux. Tâchez de ne pas abîmer ma bourse.
Je voudrais déjà être à demain pour quelque chose que je sais bien… Voime, voime, Juju sera bien contente. Quel bonheur !!!!! Mon Toto bien-aimé je suis si heureuse d’avoir une petite lettre de toi à baiser ce jour-là où ton absence me paraît encore plus longue et plus insupportable que les autres jours. Si je ne l’avais pas je ne sais pas ce que je deviendrais.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « suplice ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

les répétitions et la création des Burgraves à la Comédie-Française sont compliquées par un procès et une cabale. Au retour de leur voyage en Espagne et dans les Pyrénées, ils apprennent la mort par noyade de Léopoldine, fille aînée de Hugo.

  • Janvier-févrierRépétitions des Burgraves. Le rôle de Guanhumara ayant été retiré à Mlle Maxime, on cherche à la remplacer. Après Mlle Fitz-James, c’est Mme Mélingue qui est finalement choisie.
  • 14 et 15 févrierMariage de Léopoldine Hugo et Charles Vacquerie.
  • 7 marsPremière des Burgraves à la Comédie-Française.
  • PrintempsHugo fait la connaissance au printemps de la femme de lettres Léonie d’Aunet, épouse Biard, et débute avec elle une liaison au printemps, ou à l’automne, ou en mai 1844, qui ne sera révélée à Juliette Drouet qu’en 1851.
  • 18 juillet-12 septembreVoyage en Espagne et dans les Pyrénées, interrompu par la nouvelle de la mort de Léopoldine Hugo, noyée dans la Seine, à Caudebec, près de Villequier, avec son mari Charles Vacquerie, le 4 septembre. Hugo l’apprend le 9, en lisant le journal, à Rochefort. Léopoldine a été enterrée le 6 septembre, à Villequier. Retour précipité à Paris.