5 septembre 1858

« 5 septembre 1858 » [source : Bnf, Mss, NAF 16379, f. 253], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5645, page consultée le 01 mai 2026.

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Bonjour, mon ineffable bien-aimé, bonjour mon pauvre éprouvé, bonjour mon beaucoup trop tourmenté. Bonjour, je t’aime, je te plains, je t’adore d’autant plus que Dieu semble injuste et partial envers toi. J’espère que tu auras bien dormi cette nuit malgré toutes les agitations de la journée et que tu es complètement rassuré sur le petit bobo qui s’est manifesté hier ? J’espère encore que la perte inexplicable que tu as faite hier ne sera que momentanée et que ton voleur (s’il y en a un) aura rencontré trop de difficulté à se servir de cette valeur et que tu en seras quitte pour une opposition en bonne forme1. En attendant, tout cela est fort ennuyeux et s’ajoute péniblement à ta longue et délicate convalescence. Encore quelques jours de patience et de courage, mon cher adoré, et tu seras en pleine santé, en pleine tranquillité de cœur et d’esprit. Jusque-là, il faut te ménager tout en prenant des distractions. Tu as bien fait à ce point de vue là de reprendre tes travaux demain. Mon bien-aimé, je t’adore. Nos doux anges2 le savent et doivent te le dire avec leurs douces voix d’âmes. Je t’aime.

Juliette


Notes

1 À élucider.

2 Léopoldine Hugo et Claire Pradier, leurs filles mortes respectivement en septembre 1843 et juin 1846.

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.

  • 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
  • 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.