« 23 avril 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 68], transcr. Chantal Brière, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2870, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 23 avril 1857, jeudi soir, 5 h.
Je t’aime, mon Victor, voilà tout ce que contient ma journée aujourd’hui, tout ce
qu’elle contenait hier, tout ce qu’elle contiendra demain et tous les autres jours
de
ma vie tant que je vivrai. Ton absence, plus que le brouillard et la pluie, m’a fait
les heures maussades et tristes depuis ce matin ; mais, mon bonheur étant de t’aimer,
je suis heureuse malgré cela.
J’envisage avec horreur les quatre jours de maçons
et de ramoneurs que j’inaugure ce soir et il me tarde d’avance d’être hors du
margouillis de suie et de guernesiais qu’il faut que je subisse bon gré mal gré. Du
reste ce temps n’est pas fait pour me faire regretter l’hospitalité FRAICHE des
petits Préveraud et je m’applaudis d’avoir
eu le nez de me faire faire à manger pour les quatre jours de marmitea renversée1 qui vont suivre.
Comme
c’est ingénieux de te raconter cette histoire que tu connais aussi bien que moi et
quel plaisir tu dois prendre à ce rabâchage de cuisine. Je t’aime, tirez-vous de là
comme vous pourrez.
Juliette
1 Renverser la marmite : ne plus inviter à dîner.
a « marmitte ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
