« 10 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 145-146], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11350, page consultée le 25 janvier 2026.
10 février [1837], vendredi après midi, 1 h.
Bonjour mon cher bien aimé, bonjour mon petit homme chéri. Comment ça va-t-il ce
matin ? Moi je vais bien mieux quoique cependant ma tête me fasse encore bien mal.
On
n’est pas encore venu toucher les 50 F., mais je suis bien
tranquille de ce côté, je sais très bien qu’on n’oubliera pas de les venir
prendre.
Je voudrais savoir comment vous avez passé la nuit mon Toto chéri et si
vous allez venir bientôt. N’oubliez pas d’acheter de la bonne encre des fameuses
plumes à becs et du très bon papier, car je commence à
entrevoir qu’il faut que je renonce au chef-d’œuvre des chefs-d’œuvres que vous m’avez
si solennellement donné, ce qui me fait beaucoup de chagrin, car outre le prix que
j’y
attachais comme venant de vous, j’en attachais un plus grand encore à le recevoir
le
jour de notre anniversaire. Maintenant l’effet est manqué.
Il faut que je me rattrape sur l’anniversaire SOLAIRE après
avoir raté le LUNAIRE.
J’espère que vous vous
signalerez par celui là et que vous vous surpasserez encore si c’est possible.
En
attendant je vous aime, je vous baise et je vous désire.
Juliette
« 10 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 147-148], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11350, page consultée le 25 janvier 2026.
10 février [1837], vendredi après midi, 3 h. ½
Mon cher petit homme adoré, je crains que ce hideux [illis.] n’écrive chez toi au sujet
de l’avance d’hier. Cet homme est capable de tout et jusqu’à ce que je t’aie revu
je
ne serai pas tranquille.
Jourdain m’a apporté toutes les notes. Il
nous restera à les vérifier.
On n’est pas encore venu chercher les 50 F. J’ai écrit à Mme Lanvin pour lui recommander d’aller sans faute chez
M. Pradier1.
Je ne t’ai pas attendu pour mettre la lettre à la poste,
parce que j’ai réfléchi que l’époque de la pension arrivait dans trois jours et que
les Lanvin sont Lambins en général. Mon petit Toto bien
aimé, je t’aime, je ne pense qu’à toi, je ne désire que toi, je suis triste quand
je
ne te vois pas, je suis heureuse et gaie quand tu es auprès de moi.
Jour, mon
petit Toto chéri, jour, onjour.
J’ai un mal
de tête fou, je n’y vois pas clair, je ne sais pas ce que cela veut dire mais je
souffre comme une damnée.
Mon petit Toto je vous aime encore plus fort qu’hier,
je vous aime comme il n’est pas possible, je vous aime comme une pauvre fille qui
n’a
que ça à faire.
Juliette
1 James Pradier est le père de Claire, la fille de Juliette.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
