« 23 juillet 1863 » [source : BnF, Mss, NAF 16384, f. 194], transcr. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.7391, page consultée le 24 janvier 2026.
Guernesey, 23 juillet [18]63, jeudi matin, 7 h. ½
Bonjour, mon ineffable grand bien-aimé, bonjour, je t’aime. Tout mon être est plein de toi. Je t’adore. J’espère que tu as bien dormi toute la nuit et tu me parais gai et gaillard à souhait ce matin. Il en est de même pour moi, je me porte très bien et je suis encore plus heureuse. Voilà ma situation. Il n’en est pas de même du temps qui est assez malingre et assez maussade ce matin. Je crains qu’il ne nous empêche de sortir aujourd’hui. Je le regretterai d’autant plus que c’est presque la seule occasion que j’aie de te voir un peu longtemps dans la journée. Peut-être, si tu n’es pas trop en train de travailler tantôt te demanderai-je de venir COLLABORER avec moi au risque de me faire rabrouer d’importance. En même temps je te prierai de me donner la page pour l’exemplaire de Lanvin. Je vois qu’en fait d’occupations tu n’as que le choix des bâtons. Tâche seulement de ne pas trop les faire retomber sur moi en rosée abondante de coups et de malédictions à moins que tu ne tiennes à m’écrabouiller sur place. Il n’est pas probable que l’Alfred de Kesler vienne ce matin. Le temps n’est point assez engageant pour cela. Je le regrette pour ta femme qui aurait eu [illis.] plaisir de voir son cousin et un homme amusant dans ce seul et même Alfred collectif. Il serait à désirer pour Hauteville House qu’une crue d’allants et de venants se fasse sentir et que le flot des visiteurs qui abondent pendant l’absence de Madame Hugo [illis.] [au moment ?] où elle est ici. Je le désire pour elle qui a besoin de distraction. Quant à toi, mon grand adoré, tu remplaces tout par le travail et c’est à [peine si j’ai ?] le temps de t’apercevoir que je t’adore.
J.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Adèle, fille de Hugo, s’enfuit au-delà des mers à la poursuite désespérée d’un militaire dont elle est amoureuse. Mme Hugo adresse quelques signes de courtoisie à Juliette.
- 19 maiElle signe un bail de location pour la maison du 20, Hauteville.
- 18 juinAdèle, fille de Victor Hugo, part rejoindre le lieutenant Pinson.
- 2 juilletMme Hugo offre et dédicace à Juliette Drouet un exemplaire de son Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
- 15 août-7 octobreVoyage en Belgique, au Luxembourg et sur les bords du Rhin.
- DécembreElle décline l’invitation de Mme Hugo à participer au dîner des enfants pauvres.
