24 février 1836

« 24 février 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 133-134], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.715, page consultée le 26 janvier 2026.

Bonjour, mon cher petit homme chéri. Bonjour, mon amour. Comment va ta chère petite gorge ? Comment as-tu passé la nuit ? Moi, je vais tout doucement, bien doucement. Je n’ose pas me lever parce que je trouve qu’il fait bien froid et que je me sens encore malingre. Il vient de venir tout à l’heure le premier clerc de Manière. Je te dirai pourquoi ; j’espère n’avoir rien fait de trop.
Mais je t’aime, mon Victor, plus je vais et plus je t’aime. Je voudrais être bien portante et RICHE pour te le prouver bien à mon aise. Je t’aime de toute mon âme, je t’aime de tout mon cœur. Je t’aime. Bonjour, viens vite. Je suis si heureuse quand je te vois. Je suis si contente quand j’entends ta charmante voix, cela me fait bien et plaisir en même temps. Viens vite, je t’attends.

Juliette

[Au verso :]À toi mon adoré.


« 24 février 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16326, f. 135-136], transcr. André Maget, rév. Guy Rosa, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.715, page consultée le 26 janvier 2026.

Cher petit homme adoré, je veux vous dire un petit bonsoir de la plume et du cœur avant de me coucher. Je vous n’aime plus que mon état de malade IMAGINAIRE ne semblerait devoir le comporter. Il me semble que si vous vouliez, il ne tiendrait qu’à vous que je ne sois tout à fait guérie ce soir. J’ai très fort confiance dans le remède que vous portez en vous et dont vous êtes si prodigue avec la pauvre malade. Mon cher petit Toto, mon cher petit bonhomme, je vous prie bien fort, guérissez-moi pour l’amour que j’ai pour vous. Vous verrez que vous ne vous en repentirez pas et que vous serez très content de m’avoir administré quelque chose de très bon et de très efficace.
Dans cet espoir, mon cher petit adoré, je baise vos trop jolis doigts, votre trop belle bouche, et toute votre trop charmante personne depuis la pointe des pieds jusqu’à la plante des cheveux.
Bonsoir, bonjour, je suis très amoureuse, et vous ? J’en suis bien aise. Eh bien, voyons, je vous attends !

Juliette

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.

  • JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
  • 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
  • 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
  • 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
  • 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
  • 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
  • 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.