5 février 1837

« 5 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 131-132], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11346, page consultée le 25 janvier 2026.

Bonjour mon cher petit homme adoré, j’ai passé une bien mauvaise nuit, va ! À 5 h. je ne dormais pas encore, et cependant j’avais éteint ma lampe presque aussitôt que tu as été parti, ce qui prouve que cela n’y fait rien du tout. Mais toi, mon adoré, comment as-tu passé le reste de la nuit ? Tu avais mal à la tête et par le temps qui court, tous les maux de tête sont les précurseurs de la grippe, ce dont Dieu te préserve car je ne sais pas ce que je deviendrais si tu étais réellement malade. Je t’en prie mon cher adoré, ne fais pas d’imprudence, aie bien soin de toi, pense à moi et aime moi.
Quelle affreuse plume j’ai ! Je ne peux pas écrire un seul mot c’est ignoble. Vous les taillez encore joliment bien, vous, les plumes. Je m’en fiche. On dirait qu’elles ont la grippe tant elles crachent par tout. Voyons si je viendrai à bout de vous dire proprement que : vous êtes mon amour, que vous êtes ma joie, que je vous attends et que je vous désire de tout mon cœur et que je vous baise mille fois.

Juliette


« 5 février 1837 » [source : BnF, Mss, NAF 16329, f. 133-134], transcr. Érika Gomez, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11346, page consultée le 25 janvier 2026.

Mon cher cher petit homme, je voudrais bien vous voir pour vous baiser et savoir comment vous vous portez. Il fait un temps délicieux. Quel dommage que nous n’en profitions pas.
Vous devenez de plus en plus rare et de plus en plus geôlier pour de bon. Aussi j’ai des maux de tête et des maux de cœur à faire rougir le diable lui-même. Ainsi vous devez juger quels affreux cris je suis en état de pousser.
Ça ne m’empêche pas de vous trouver très beau, très bon et très aimable parce [que] je suis une femme, c’est à dire le contraire de la raison et de la logique.
Jour, jour, jour, je vous aime et si vous venez très tôt je vous pardonnerai tous vos [trimes ?], et je vous adorerai. D’ici là, je vais tâcher de me débarbouiller et de ne pas vomir mon déjeuner. Je crois que j’aurai fort à faire.
Je vous aime, je vous aime, je vous aime. Êtes vous content monsieur ?

Juliette

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.

  • 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
  • 26 juinLes Voix intérieures.
  • 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
  • 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.