« 27 janvier 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 23], transcr. Chantal Brière, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2773, page consultée le 05 mai 2026.
Guernesey, 27 janvier 1857, mardi après-midi, 3 h.
Je suis trop en train de t’aimer de tout mon cœur, mon cher petit homme, pour avoir grand goût à la restitus d’aujourd’hui ; car, je ne sais pas par quel phénomène PHYSIQUEa, PSYCHIQUE, ANATOMIQUE OU CHIMIQUE, plus je t’aime et plus je suis stupide. Je t’assure que je n’y mets aucune fatuité et que je constate tout simplement un fait contre lequel ma bonne foi ne peut aller mais qui me gêne beaucoup pour gribouiller à tort et à travers. Je sais bien que les vieilles planches, à peine ÉQUARRIES, ont un grand charme pour les raffinés comme toi et qu’ils les préfèrent aux plus belles sculptures de la Renaissance et du Moyen Âge mais je ne sais pas si leur préférence pour la PURETÉ DES LIGNES s’étend jusqu’à l’ineptie en barre. Dans le doute je trouve bien dur de te forcer à admirer mon style peu rabotéb sous prétexte que je t’aime et que tu te connais en vieux bois. Oh ! comme j’aimerais bien mieux t’embrasser cheveux à cheveux, dents à dents que de faire courir de pauvres pattes de mouche boiteuses sur le papier et comme cela serait plus amusant et plus spirituel.
Juliette
a « PHISIQUE » .
b « rabotté ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.
- Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».
