« 8 septembre 1838 » [source : Collection Claude de Flers (juin 2013)], transcr. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3081, page consultée le 26 janvier 2026.
8 septembre [1838], samedi midi ¾
Mon cher petit bien-aimé, vous êtes aussi bête que moi, ce qui est un superlatif
soigné, vu l’état de l’animal auquel je vous compare. Mais enfin… Une autre fois je
ne
m’en rapporterai pas à vos lumières. La chandelle de l’épicier m’éclairera mieux que
vous. Nonobstant je vous adore et je vous trouve le plus gentil des animaux. Voici
le
tableau demandé[Dessina].
Je doute que Claire atteigne à cette vaste conception dont l’idée première appartient
à je ne sais pas qui, mais qui n’est est pas moins un critique [bien ?]
plus mirifique. Je viens d’écrire à Mme Krafft. On portera la lettre tout à l’heure. Je lui
recommande le silence et je la remercie en ton nom et au mien. Pauvre bien-aimé, je
voudrais être à ce soir pour toutes sortes de bonnes choses que je sais bien… Quel
bonheur !!!!!!!b
Vous êtes mon Toto, vous êtes mon amour, et ce soir vous serez mon AMANT.
Juliette
a Dessin :

b Les sept points d’exclamation courent jusqu’au bout de la ligne.
« 8 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 213-214], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3081, page consultée le 26 janvier 2026.
8 septembre [1838], samedi soir, 6 h. ½
Je vous écris avec de l’encre si pâle que je ne sais pas si vous pourrez jamais lire mes gribouillis. Ce serait bien dommage car outre que j’y mets tout mon cœur, j’y mets aussi tout mon talent. La preuve, c’est que je vous ai fait un très joli petit dessin. J’ai envoyé la lettre chez MmeKrafft. Elle m’a fait [dire ?] qu’elle venait de m’écrire par la poste. Nous trouverons la lettre en rentrant. Soir pa, soir mon To. Je t’adore, je t’aime, mon Victor. Je travaille, je retourne des robes à Mme Krafft, c’est TRÈS amusant. Et puis je t’aime, et puis je t’espère, et puis j’aurai mon Toto ce soir tout à fait, tout entier et à la fois. Je serai bien heureuse mon Toto si vous dînez par hasarda[Ligne illisible.]. Vous seriez bien i si vous veniez voir ici si j’y suis, je vous baiserais bien sur votre petit VEC et je vous reconduirais jusqu’au bas de l’escalier en criant : j’aime mon Toto, j’aime mon Toto, j’aime mon Toto.
Juliette
a Seul le mot « hasard », qui ouvre la ligne, est lisible. Le reste de la ligne est noirci.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.
- Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
- MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
- 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
- MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
- 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
- 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
- 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.
