22 février 1857

« 22 février 1857 » [source : BnF, Mss, NAF 16378, f. 38], transcr. Chantal Brière, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2839, page consultée le 06 mai 2026.

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Cher adoré, si je ne craignais pas d’avoir l’air de me faire prier pour faire la chose qui plaît plus à mon cœur, les baisers que je te donne à part, j’aurais laissé le champ libre ce soir à mon affreuse migraine et je me serais contentéea de t’aimer de tout mon cœur et sans la cinquième roue de la RESTITUS. Mais je serais si honteuse si tu pouvais supposer que je mets de la prétention aux infimes gribouillis que je te donne tous les jours, à défaut des caresses que tu n’as pas le temps de recevoir, que je passe par-dessus tous les inconvénients d’un surcroît d’abrutissement. Je t’aime, mon Victor, sans le secours d’aucun esprit et d’aucun artifice d’éducation et de civilisation. Je t’aime comme Ève aimait Adam dans le paradis terrestre et comme doivent s’aimer les âmes dans le ciel.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « contenté ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils s’adonnent à la « chasse aux vieux coffres » pour décorer leurs maisons.

  • Au printemps et pendant l’étéIls s’adonnent à une nouvelle passion, la « chasse aux vieux coffres ».